Etape 2 – Marathon de la Jordanne 43 KM, 1800 D+

Etape 2 – Marathon de la Jordanne 43 KM, 1800 D+

Résultat : 8h32 !! selon les experts, on s’approche du record du parcours ! Il parait même que Killian Jornet aurait regardé la trace sur Strava pour s’en inspirer pour son prochain périple dans l’Himalaya !!

Mais revenons à l’essentiel

C’était génial !!

Voilà donc le périple
Tout d’abord revenons au début du weekend

Départ de Paris le vendredi matin

Départ à 6h du mat pour ne pas passer la journée dans la voiture et parce ce qu’on a rendez-vous à midi pour une collation organisée par notre staff sur site.
Bonne tête de vainqueur. Il faut dire qu’on est plutôt bien entrainé, la logistique est optimale et la météo s’annonce clémente.
Le voyage se passe sans encombres à part les 2 paquets de bonbon à qui on a « cassé la gueulle » en moins de 10 minutes. (mais non on est pas stressé !!)

Arrivée à Aurillac à 12h

Après la collation (soupe froide et poisson grillé), petite ballade dans ma métropole.
Nous cheminons jusqu’au village UTPMA.
La ville s’affaire sur les derniers préparatifs. Clairement lorsque j’étais à l’école à Aurillac, je n’ai pas souvenir d’avoir vu une telle logistique pour un évènement de ce type.

Puis vient l’heure de récupérer les dossards
Comme me le fait remarquer très justement mon père : « ah tient, c’est pratique , il y a le numéro d’urgence sur le dossard »

Le soir, on opte pour le menu diététique au bord de l’eau

  • Hamburger au Cantal
  • Frites
  • Bière
  • Rosé

En effet notre staff très concerné par les métiers médicaux est unanime; rien de mieux qu’un bon burger et d’un peu de rouge pour évacuer la pression.

 Nous nous plions donc sans trop se faire tirer l’oreille aux recommandations du corps médical et effectivement, sitôt rentré, sitôt couché, sitôt endormi.

Le grand jour

Réveil 6h du mat, on se prépare en silence : gourdes, barres vitaminées, sodium, gels, petit dej. Fort de la dernière sortie en forêt, je m’applique à bien mettre les 2 semelles dans mes chaussures !!!

Puis vient le temps du premier pipi juste avant de monter dans la voiture.

…. On est prêt.

Le départ

A Aurillac, nous rejoignons les autres concurrents pour monter dans les navettes qui vont nous amener à Mandailles, et la, il faut bien admettre que il y a l’air d’avoir du niveau.

Les mecs, et les nanas sont tous taillés dans le même moule; sec, grand, baraqué et avec des bâtons; pas vraiment le morphotype moyen qu’on trouve dans les courses autour de Paris. Petit moment de doute, dans quoi on s’embarque !!

Heureusement, pas trop le temps de cogiter. De toute façon, on n’a pas le choix, on monte dans les bus et on part vers Mandailles (30KM, 40 minutes). Juste un petit problème, beaucoup bu le matin et encore envie de pipi. L’arrivée à Mandailles a été un vrais soulagement. Je crois que 5 minutes de plus et …

A Mandailles, on (re) découvre le programme

On doit aller « la haut » – col de Chavaroche 12KM/5 heures

On ne se laisse pas décourager. Direction « chez guiguite » pour se faire un petit sandwich saucisson. (validé par notre staff médical au principe que il vaut mieux un petit écart qu’une grosse frustration)

Le sandwich était parfait puis nous patientons tranquillement jusqu’au départ en applaudissant les premier concurrents du 105KM qui ont déjà fait la jonction et qui sont clairement des extra-terrestres

Derniers instants de calme avant le départ

9h30 – Départ !!!

Ca y est on est parti. Pendant 100 mètre c’est la route …

… et puis c’est fini. Terminé les chemins bien plats et faciles pour les touristes que nous sommes.

Parce qu’il y a bien une chose qui est sure, c’est que nous nous attendions pas à courir sur des chemins aussi peu carrossables.

Le début se passe super bien. On est parti dans les derniers et on y restera jusqu’au bout.

Au bout de 500 mètres, ça commence à monter. Le paysage est grandiose, les conditions idéales, Le top

 

Ca continue de monter, c’est la qu’on se rend compte que les personnes avec des batons ont l’air plus facile (en tout cas moins penché en avant). A méditer pour nos prochains exploits.

On sort définitivement des zones habités et on rencontre nos premières vaches qui ne sont pas effarouchées et qui regarde comme si nous étions des trains (entendons nous bien, nous sommes moins rapide que des TGVs, on est plutôt du genre Micheline)

Puis à un moment, dans la forêt, ça se met à franchement monter !!. C’est bien simple les talons ne touchent plus le sol tellement l’inclinaison est forte.

On en chie !!

 

Enfin sortie de la forêt

Premier ravitaillement – 1h25, 7km, 700D+

Arrivée au premier ravitaillement, honnêtement ça a été dur (première vrais expérience de course en montagne), mais les sensations sont quand même très bonnes. Nous ne sommes pas forcement dans un rythme très rapide; Doume commence à avoir mal au talon mais en revanche, c’est vraiment super et je n’ai pas l’impression d’être fatigué.

Au ravitaillement, je laisse les barres vitaminées et autres abricots aux professionnels; pour ma part, c’est cantal, saucisse sèche et banane. Comme me dit un bénévole qui s’occupe de nous réapprovisionner,   » vous êtes pas venus dans le Cantal pour bouffer des abricots secs !! « . Je décide de lui faire entière confiance et jusqu’à la fin de la course, ce sera donc saucisse sèche, cantal banane … et eau évidement.

Un point notable tout de même; 7 km et j’ai quasi épuisé ma réserve de 2L. Le prochain ravitaillement est dans 15 km, ça promet …

Nous repartons (toujours dans les derniers) et continuons notre ascension jusqu’au puy Chavaroche.  C’est à partir de ce ravitaillement que nous faisons la jonction avec la tête de course du 105 (en gros les 30/40 premiers). Clairement, les mecs sont d’une autre galaxie. Pas forcement en montée, mais dès que ça devient plat (ou que ça descend), ils partent à toute allure; alors que nous … A suivre

Arrivée au col de Chavaroche

Après 1h50 de course, 9km et 950m de D+, nous arrivons au col de Chavaroche.

Le point de vue est grandiose !! il y a beaucoup de vent, mais du coup, on ne ressent pas la chaleur.

On se dit que maintenant, on va peut être pouvoir courir un peu plus vite. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Début des emmerdes

Et oui, c’est la qu’on s’est rendu compte que courir à Paris, c’est cool mais que pour faire du trail c’est pas optimal !!!

En fait je m’étais plutôt entrainé pour faire des montées, car le 1800 de D+ faisait un peu peur.

Pas de bol, ce n’est pas le 1800D+ le problème mais le 2100D- pour les branquignoles que nous sommes.
Je dis « branquignole » pour ce qui nous concerne car, on a pu voir avec les autres que quand on a un peu d’expérience et de technique, 2100D- c’est plutôt une bonne chose !!!

Mais pour nous ce fut très dur !!! C’est le premier enseignement de cette épreuve, si on veut continuer dans l’exercice et allez jusqu’aux faubourgs de Saint Denis, il va falloir s’y filer dans les descentes et bien maitriser le truc.

4 énormes difficultés

  •  la largeur du chemin « carrossable » : moins large que notre écartement de jambes, donc il est parfois difficile de croiser les pieds; du coup on sort du chemin et dès qu’on sort du chemin, on ne voit plus ou on pose les pieds et une fois sur deux, c’est une grosse pierre, un trou, une branche, … enfin truc qui fait que ton pied ne se pose pas à plat et que du coup, l’appui est plus que précaire !!!
  • le fait que même quand il est carrossable le chemin s’apparente plus à un champ de pierre qu’à un chemin de sous-bois. Par ailleurs, il y a parfois des obstacles de plusieurs dizaines de centimètres à gravir ou descendre ce qui ralenti considérablement le cheminement. A moins d’être une chèvre (ou un ovni du 105km), pas moyen de maintenir un rythme dans ces conditions.
  •  la pente; la encore c’est parfois très violent et on a l’impression d’être en retenue permanente: d’ou crispation et fatigue musculaire
  • les blessures; ce qui devait arriver, arriva; au bout de 5 ou 6 km de cette épreuve je me suis bien tordu une cheville avec une bonne douleur à chaque pas suivi d’un gonflement assez prononcé. Evidement, la crispation n’a fait que se renforcer.

Heureusement vers le kilomètre 13 (après 2h50 de rigolade); j’ai vu arriver vers moi un groupe de GOs de l’organisation qui m’ont demandé si c’était moi le blessé. Sur le coup, je n’ai pas compris et j’ai cru à une erreur car évidement on a pas essayé d’appeler les secours après l’entorse. Mais je pense qu’ils avaient mon numéro de dossard (certainement un autre concurrent qui a passé l’info).
Toujours est il que j’ai pu me faire strapper la cheville, ce qui a été une très bonne chose car jusqu’à la fin de la course, je me suis retordu au moins 3 ou 4 fois la même cheville mais comme elle était immobilisée, ça a certainement contribué à limiter les dégâts.

Vive le cantal !

Malheureusement, le chemin ne s’améliore pas;

Les kilomètres se suivent et se ressemblent: cailloux, montées, descente, « escalade ».

On vient de passer les 3h30 de courses (le temps est passé très très vite). Je suis dans un état de fraicheur physique optimal (par rapport à la durée de l’effort).

Doume, de son coté, souffre pas mal du talon; j’essaye de le motiver pour avancer un peu plus vite mais sans grand succès. Ce n’est pas très grave parce que du coup je me fatigue pas du tout.

Si il n’y avait pas ce problème des descentes, ce serait vraiment idéal.

Re-descente vers la vallée

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous approchons de la mi-parcours et nous redescendons vers la vallée.

Fini le panorama grandiose et les chemins de cailloux, nous affrontons maintenant le soleil et … les chemins de cailloux !!!

Mais pas avec le même type de vice. Maintenant, on court la moitié du temps dans de l’herbe plus au moins fauchée avec trous et pierres.
J’en profite pour me retordre une deuxième fois la cheville; cela occasionne une douleur assez vive dès que le pied n’est pas à plat (c’est à dire à chaque pas). Elle m’accompagnera jusqu’à l’arrivée à Aurillac

Nous nous approchons des gorges de la Jordanne ou un petit parcours santé est planifié. J’appréhende un peu car je me rappelle 5 ou 6 ans en arrière l’avoir fait; mais il était passablement dégradé (une grand partie des chemins était effondré, avec des arbres cassés et des éboulis de cailloux; rien de très inhabituel quand tu te ballades dans la lit d’une rivière)

C’est aussi à ce moment que mon iPhone a arrêté de prendre des photos et des vidéos. Dommage car j’avais fait 5 ou 6 petits films et une 20ene de photos. Mais c’est comme ça. Pour la prochaine fois, il faudra prévoir une GOPRO !!

Deuxième ravitaillement – 4h25, 22km, 1100D+

Finalement le parcours le long de la Jordanne était parfait. Une suite de passerelles en bois le long de la gorge au niveau de l’eau. Des escaliers et des ponts.

La ballade est plutôt physique mais très agréable. (dommage pour les photos) mais on en a pris plein les yeux.

Enfin, on arrive à Velzic au deuxième ravitaillement. Rebellotte sur le Cantal, saucisse sèche et banane. En revanche, j’étais complètement à sec. Plus de 2 litres d’eau en 13KM (et même pas un petit pipi). C’est une donnée intéressante car jamais je n’avais consommé autant d’eau même en pleine chaleur.

Ravitaillement de Velzic

Nous commençons à cheminer au fond de la vallée. Les chemins sont un peu plus carrossables mais nous courrons essentiellement dans des champs qui malheureusement ne sont pas plats et remplis de trous. Concrètement je reste quand même très crispé pour éviter une nouvelle entorse.

Doume, quant à lui, commence à vraiment avoir mal au talon; ce qui fait que notre rythme s’en ressent. Il me fait le coup de la crampe à la cuisse !!! (on aura tout vu)

Après quelques kilomètres plutôt sympas, on se prend un mur: une montée de 2KM dans la foret, encore plus violente que celle du début avec des passages à plus de 35%.

C’est le premier moment (le seul?) vraiment dur le course. Pendant ces longues minutes à en chier (sous un soleil de plomb >30 degrés) j’accuse un peu le coup. (pas aussi dur que la baisse de forme de la fin de l’Ecotrail, mais honnêtement celle la, elle a fait mal !!)

On arrive enfin en haut de la montée pour redescendre immédiatement et maintenant, c’est une habitude : cailloux, pentes, branches, .. le pied …
Pour rester concerné, je me retords la cheville une troisième fois.

Je motive Doume en lui disant que c’était la dernière grosse montée.

… si il savait !!

Arrivée vers Saint Simon

Les kilomètres se suivent. Encore quelques collines à gravir avec à chaque fois la même rengaine. « T’inquiètes pas c’était la dernière !! »

On se retrouve dans les petites montées qu’on faisaient en début de saison à Saint Simon. J’avais gardé un souvenir plus difficile. (bon c’est vrais qu’à l’époque je pesé 130KG)

Le temps continue toujours à s’écouler. Les kilomètres passent : 30,31,32,33 … ça y est j’ai battu mon record de distance.

Honnêtement physiquement tout va bien. Si je n’avais pas mal à la cheville, ce serait idéal. Parfois on fait un bout de chemin avec un des surhommes du 105km qui ont l’air plutôt frais et qui racontent que c’était génial, qu’ils ont eut 4 degrés la nuit dernière, qu’ils en chient mais pas plus que nous, …

Dernier ravitaillement – 7h12, 35 km 1690D+

Arrivée à Saint Simon pour le dernier ravitaillement.

A nouveau Cantal, Saucisse sèche et banane. A nouveau plus d’eau.

On aura quand même mis 3h pour faire 13km; c’est pas terrible. Doume en chie de plus en plus et c’est de plus en plus dur pour le motiver à augmenter un peu la vitesse. Il m’a refait le coup de la crampe !! (qu’est ce que ça cache ?)

A Saint Simon, j’ai croisé des têtes connues (qui elles ne m’ont pas reconnu !!). J’ai aussi croisé une figure de la vallée (je crois me souvenir qu’il s’appelle Manu) avec qui j’avais joué à Saint Simon et qui était sur le 105km. Lui non plus ne m’a pas reconnu.

On re-rempli les gourdes, on se passe la tête sous l’eau car il fait maintenant très chaud, et c’est reparti …

Dès la sortie du village, une nouvelle petite montée. Doume en a vraiment marre; dans 4 km, je vais le laisser.

On se rapproche d’Aurillac, et de mon coté tout va très bien. Dans la montée, je trottine puis j’attends Doume en haut en buvant. Puis on repart en courant. Les descentes sont moins techniques mais je reste très crispé car j’ai très peur de me tordre la cheville pour de bon et de devoir m’arrêter là.

Puis vers le 39eme KM, au sommet d’une nieme dernière petite montée, j’abandonne Doume et je me mets à courir. Le rythme est bon,  avec l’euphorie de la prise de conscience qu’on va y arriver.

Le passage du 40eme KM se fait à 11km/h et enfin on voit les premières maisons d’Aurillac.

Plus qu’une dernière montée et c’est l’arrivée dans la ville. Je traverse le centre ville avec les encouragements des gens dans les bistrots, rues piétonnes,  square, rue des carmes …. et c’est l’arrivée !!!

 

Victoire !!!!
8h32, 431eme / 470 inscrits et 441 finishers

Doume arrive en 432eme place 10 minutes plus tard.

 

….A suivre, le debrief, la conclusion et les étapes suivantes

 

 

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