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Catégorie : Récit

Etape 5 – UT4M 100K

Etape 5 – UT4M 100K

96KM, 5500D+, 29h54 minutes, 466ème sur 527 partants

Les affaires sérieuses commencent !!!

Au lendemain d’un Raid du Morbilhan riche en émotions, on doit se projeter très vite sur notre prochain défis, l’UT4M master 100.

La clairement, vu notre niveau, c’est du lourd.

Tout autour de Grenoble, on emprunte le parcours de l’UT4M 160 pour se cogner 2 massifs à escalader (et à descendre).

En première partie, Belledonne avec 2 cols à plus de 2200m et 3000m de D+ sur 48km de course plus rebelote avec la Chartreuse avec 1 sommet à 2000m, une énorme montée de 1200m non stop et 2000m de D+ sur 48km.

Clairement, lorsqu’avec Guillaume nous commençons à faire des plans sur la comète en ce moi de juillet 2018, on ne fait pas du tout les malins !!

La préparation

Notre préparation est plutôt sérieuse. Les vacances ne sont pas idéales pour ce qui est de l’hygiène de vie, mais nous arrivons quand même à suivre notre programme : un savant mélange de fractionné, de sorties longues et de dénivelé.

De mon coté, je profite du passage sur la cote basque pour enchainer 2 ou 3 montées de la Rhune en 1 semaine plus les séances de fractionné d’Arthur (que j’ai quand même un peu de mal à suivre quand l’exercice est court).
Petit problème quand même, 15 J avant le départ, je me fais une petite déchirure derrière la cuisse droite … du coup la dernière partie de la préparation a été beaucoup plus légère. Au moins j’arriverai frais le 25 aout.

Du coté de Guillaume, rien de très marquant, si ce n’est que les séances apéro grillades se sont aussi bien enchainées.

Pour synthétiser cette phase avant, rien de catastrophique mais rien de génial non plus. Nous allons nous présenter dans le sas de départ avec nos surcharges pondérales bien présentes et pas énormément de certitudes car c’est quand même la première fois qu’on va se frotter à un vrai trail en montagne.

Le plan de route

Fort de nos premières expériences, j’essaye d’élaborer un plan de marche plutôt conservateur (en effet, c’est peut être le seul point positif de cette épreuve mais les barrières horaires semblent très confortables : 37h). Par ailleurs, nous décidons d’expérimenter un arrêt long à la base de vie à mi parcours pour voir ce que ça fait.

Au final, nous partons donc pour 32h32 avec des arrêts long et une vitesse moyenne digne d’un escargot en fin de vie.

Voilà le détails des réjouissances :

Départ samedi à 6h tranquille
On commence par un petit tour de 2,5 km en 25 minutes pour s’échauffer
2,7 km = 0h30 : Début de la première montée
7,9 km = 2h05 : 800 D+, Premier pallier
9,5 km = 2h20 : Faux plat avant le deuxième pallier
15 km = 3h55 : 600 D+, Deuxième pallier
16,1 km = 4h08 : 200 D-, Petite descente, arrivée à l’Arselle samedi 10h00, arrêt 30 min
21,5 km = 6h10 : 600 D+, Troisième pallier, Arrivée à Croix de Chamrousse samedi 12h05, arrêt 45 min
25,2 km = 7h50 : 350 D-, Descente / faux plat, lacs entre les montagnes
28,1 km = 8h35 : 300 D+, Arrivée Refuge de la Praz (eau) samedi 14h35, arrêt 15 min
29,5 km = 9h11 : plat lac Meriat, début de la dernière montée
30,8 km = 9h47 : 350 D+, Point culminant Grand Colon samedi 15h47, 2700 D+ au total
38,4 km = 11h29 : 1300 D-, Arrivée Freydières samedi 17h30, arrêt 30 min
39,5 km = 12h15 : 100 D+, Petite montée avant deuxième partie de la descente
47 km = 13h55 : 1000 D-, Point d’eau ? FIN DE BELLEDONNE
52,6 km = 15h : Vallée, Arrivée St Nazaire samedi 21h, arrêt 1h30 – NUIT
54,9 km = 17h : 200 D+ Petite montée avant début du dur
61,7 km = 20h13 : 1000 D+, Premier pallier dimanche 2h15 – DUR
65,3 km = 21h25 : 150 D+/D- Descente puis remontée, Arrivée Habert de Chamechaude dimanche 3h25, arrêt 45 min
67,4 km = 22h50 : Faux plat avant dernière grosse montée
69,3 km = 23h40 : 350 D+, Chamechaude dimanche 5h40 – Sommet Chartreuse
73 km = 24h40 : 650 D-, Descente forte
78,4 km = 26h : 350 D-, Faux plat descendant, Arrivée Le Sappey dimanche 8h, arrêt 45 min
80,5 km = 27h15 : 100 D+/D- Avant la dernière montée
82,8 km = 28h14 : 350 D+ Saint Eynard, dimanche 10h14, Dernière montée !!
85,9 km = 29h13 : 600 D- Descente jusqu’à Col de Vence, Arrivée dimanche 11h15, arrêt 45 min
88,3 km = 30h39 : 150 D+ Dernier col
94,2 km = 32h00 : 950 D- Dernière grosse descente Arrivée à Grenoble
96,6 km = 32h32 ARRIVEE di 14h30

Sur le papier cela semble jouable; en revanche on a aucune idée de comment on va resister dans la durée. Par ailleurs, les chemins risquent d’être beaucoup plus escarpés que ce qu’on a déjà fait jusqu’à présent.

Arrivée à Grenoble

Nous arrivons à Grenoble le vendredi vers midi. Nous prenons nos quartiers à l’hotel en centre ville, puis direction la récupération des dossards.

Il y a beaucoup de monde car il y a beaucoup de courses différentes mais la queue avance vite. Dossard récupéré, nous passons par la case contrôle du matériel obligatoire et là, la pression monte d’un cran.

 

En effet, la météo risque d’être hivernale pour cette fin aout; du coup l’organisation est très stricte sur tout le matériel; en particulier le bas de pantalon étanche !!. J’arrive à enfumer le bénévole avec mon legings Kalenji que je leur présente comme étanche !!! mais Guillaume de son coté est retoqué car son boxer laisse apparaitre ses jolis mollets et que du coup, ca ne passe pas. Il va donc falloir traverser la ville pour aller dans le magasin de running ouvert ou moyennant 100 euros, Guillaume rentre en conformité avec les exigences du haut niveau !. CA PROMET !

Au passage, la pression continue de monter car même sur le 95KM, le morphotype de nos futurs compagnons d'(in)fortune est très éloigné du notre et plus généralement de ce que nous pratiquons dans nos petites ballades parisiennes !

 

Pour faire l’UT4M et faut donc

  • avoir entre 35 et 45 ans – ça passe limite
  • peser moins de 70KG – ça passe plus du tout
  • être plutôt grand et sec – ça passe que sur la moitié des critères
  • avoir des mollets et des cuisses avec des muscles tellement dessinés que tu te demandes si il y a de la place pour les os – ça passe toujours pas

« Y a pas à chier », on va encore faire tache dans le sas de départ.

Quand tu sais que sur ce genre de truc, il y a plus de 10% d’abandons, tu cherches bien le mec dans les 10 qui pourrait être celui là et si tu te mets dans le groupe, tu penses un peu à toi quand même …

Les sacs

Après une ballade rapide dans le centre ville de Grenoble, on se fait un Sushi et une pasta box puis retour à l’hotel pour se préparer et essayer de dormir un peu jusqu’à 4h; heure à laquelle il faudra rejoindre la navette qui nous amène au départ.

 

Puis vient le temps de la préparation des sacs avec cette nouveauté du sac de delestage auquel vient se greffer la complexité de la gestion du matériel obligatoire.

Comme d’hab, nous serons donc TRES chargés avec de quoi tenir un siège et de quoi se changer toutes les 10 minutes.

La nuit est courte car l’excitation est à son comble puis à 4h nous quittons l’hôtel et traversons Grenoble, déguisés comme pour la Gay Pride, rejoignant au fil des carrefours les autres fous qui gravitent lentement vers le point de rendez vous des navettes qui n’est autre que l’arrivée.

Personne ne parle, les mines sont graves; chacun peaufine sa stratégie; De notre coté, la stratégie est la même que d’habitude, on part à fond puis on accélère et après on voit …

Le départ

Météo fraiche (mais pas encore de pluie), nous posons les sacs de delestage et repassons l’épreuve du contrôle du matériel. Cette fois ci, c’est bon, le pantalon de Guillaume est conforme. Nous sommes donc dans le sas, dans les dernières positions. Nous apercevons Benoit Girondel qui gagnera la course (un entrainement pour la Diagonale qu’il gagnera quelques semaines plus tard).

 


Nos craintes sont confirmées; il n’y a que des avions de chasse !!

A l’adipomètre nous sommes largement vainqueurs !!

L’attente n’est pas trop longue, la course n’est pas encore commencée qu’on se demande déjà ce qu’on fait dans cette galère.

A 6 heures pétantes, les chevaux sont lâchés !!!

Fidèles à notre stratégie nous partons à fond pour le tour du stade suivi d’une première grimpette pour étirer le peloton qu’ils disent !!

Le problème, c’est que même à fond, on se fait doubler de tous les cotés.

Après 10 minutes de transpiration, on est bien chaud et on est de retour sur le stade pour quelques centaines de mètre de plat sur la route puis on bifurque à gauche …. et c’est partit !!

On doit être dans les 10 derniers … ça va être long.

 

Première montée en file indienne sur un chemin pas trop difficile mais plutôt pentu. En route pour la croix de Chamrousse 2000 mètres plus haut en passant par le bas de la station.

Le massif de Belledonne

Le début de course se passe plutôt bien pour moi. Je suis en forme, ça monte mais je suis bien en jambe et j’arrive à tenir un rythme supérieur à mes attentes.

Guillaume de son coté est à la peine. Il s’arrête beaucoup et en chie pas mal.

Au bout de 15Km je le lâche et continue mon chemin seul, en doublant pas mal de coureurs et en discutant avec d’autres. La montée est longue mais pas très difficile. A partir du bas de la station de Chamrousse, nous empruntons les pistes de ski. Ca devient beaucoup plus pentu et technique; le rythme s’en ressent.

On est aussi doublé par la tête de course du relais des 4 massifs puis par les meilleurs du 160 (qui ont déjà 80 bornes et 5000 m de D+ dans les jambes).

Quand je dis doublé, c’est pour rester poli. En fait, ce sont des chèvres; quand la pente est forte, ils sont à quatre pattes et il montent à une vitesse ahurissante !! La puissance développée semble phénoménale. Je ne peux pas croire qu’ils (et qu’elles) n’aient pas mal.

Les paysages commencent à se dégarnir et la météo se charge. Celà fait plusieurs heures que j’ai sorti le haut chaud et la veste de pluie. Dommage car plus on monte plus le paysage est imposant avec des sommets tout atour de nous et des cailloux et des petits lacs. Avec le soleil ça doit être somptueux (une autre fois ?)

Le dernier tronçon pour arriver en haut de la croix de Chamrousse est particulièrement pénible. Nous sommes dans des éboulis de cailloux avec beaucoup de pentes et un brouillard à couper au couteau. Heureusement, il y a beaucoup de spectateurs, ce qui permet de ne pas se perdre entre les rubans de signalisation qui bien que très efficaces sont masqués par le brouillard.

J’arrive au ravito après 5h de courses, soit 1 heure avant l’horaire prévu.

J’y passe au moins 30 minutes mais il fait très froid.

Au moment de repartir, Guillaume arrive. Il va un peu mieux. Nous décidons de repartir ensemble. Il prend une dizaine de minutes pour se réchauffer et c’est parti pour la grosse descente qui va nous amener vers le grand colon, la grosse difficulté de cette section.

Dès le début de la descente, pas vraiment difficile mais dans le brouillard complet, je commence à avoir mal au genoux.
En quelques dizaines de minutes, la douleur passe du stade de gène à « coup de poignard » à chaque pas dès que le pourcentage de descente augmente un peu !!
On a fait 25 bornes …. ca va être très long !!!

Du coup, je me traine tellement en descente que Guillaume me lache; fort heureusement, dès la montée suivante c’est à son tour de se trainer ce qui me permet de le rattraper. Nous formons une belle bande de branquignoles. Les 10 km qui suivent se passe à ce rythme avec moi qui hurle à la moindre descente et Guillaume qui geint dès le premier faux plat montant. Nous nous arrétons beaucoup et en profitons pour regarder du paysage qui bien que très couvert est somptueux avec ses petits lacs, son relief tellement imposant et ses prairies superbes.

 

Le Grand Colon

Tant bien que mal nous arrivons au refuge de la Praz à peut prêt dans les temps prévus, il pleuviote mais le cadre est grandiose. Plus que quelques kilomètres et nous commencerons la descente vers la base de vie de Grenoble.

Sur tracedetrail ça passe bien, c’est donc le coeur léger que nous reprenons le chemin vers le passage du Grand Colon, là bas au fond du cirque. Nous courrons un peu car le chemin est facile mais plus on se rapproche, et plus on se demande par ou on va passer.

On voit bien ou ont doit aller : « la haut »,
On voit bien que de toute façon, il n’y a pas d’autres solutions,
En revanche, à part un ébouli de cailloux à 40% de pente, c’est un peu difficile de se projetter sur une trajectoire, une piste, un chemin …. enfin un « trail » comme disent les anglais !!

Encore une petite descente, on longe un lac on remonte un peu et puis …. plus rien !!

Le chemin s’est volatilisé !!

A la place, un immonde amas de cailloux et tout au long de la pente, une procession de microscopiques fourmis qui ont évoluent tant bien que mal au long d’innombrable lacets.

C’est bien ce qu’on craignait, « ils » vont nous faire passer par là !!
On se regarde avec Guillaume, pas franchement joyeux, et c’est parti : nous allons passer de l’altitude 2044m à 2375m en 872m de course à plat, soit une pente moyenne à 38%. Quand on sait que sur les 872 de course à plat il y a au moins une centaine de mètres de faux plat, ca laisse rêveur.

Bon comme prévu, c’est un enfer, je ne suis pas au mieux (mais au moins je n’ai pas mal au genoux); ma seule satisfaction : voir Guillaume qui se liquéfie mètres après mètres.
A peut prêt à mis pente, il n’a plus aucun sens de l’humour, j’ai même cru qu’il aller me frapper (enfin il aurait fallu qu’il me rattrape !!). Mais comme toutes le bonnes choses ont une fin, nous finissons par atteindre le sommet. Malheureusement nous ne pourrons en profiter que quelques minutes car le brouillard, le vent et le froid se sont invités à la fête et en quelques secondes, on ne voit plus rien et les conditions deviennent apocalyptiques. Nous serons dans les derniers à emprunter cet itinéraire puisque l’organisation va mettre en place un chemin de contournement pour faire face à ces conditions extrêmes.

Redescente vers Grenoble

Bon, en tout cas, maintenant nous partons pour 1200 mètres de descente. Guillaume va beaucoup mieux, on s’est réconcilié !! Finalement il est content d’avoir fait la montée !!! Youpi.

Je dis youpi parce que pour moi, c’est maintenant que ça devient pénible. Pour cause la descente assez pentue qui serpente le long de la montagne dans un paysage d’abord lunaire qui peu à peu fait place à une ambiance de steppes avant de enfin se transformer en forêt.
C’est très difficile, mon genoux ne me laisse pas le moindre répis. A chaque pas, j’attends avec appréhension le coup de pic à glace au niveau de la roule extérieure gauche. Sitôt le pied relevé, la douleur disparait immédiatement pour ré-apparaitre aussi rapidement dès l’appui suivant. C’est diabolique !!
Et dire que ca va être comme ça pendant 2 heures !!! Qu’est ce qu’il faut être con !!

Guillaume m’attend mais inexorablement il me distance.
Dans le premier tier de la descente, je me prends les pieds dans les batons (en essayant une technique pour ne pas poser le pied droit) et bim, grosse gamelle latérale dans la pente !!
Bilan :
– Une grosse écorchure au genoux – au moins je saurai pourquoi j’ai mal !!
– Et un baton en carbone cassé en deux – j’avais bien besoin de ça !!

L’ambiance devient lourde.

Un peu plus loin, nous tombons (quasiment au sens propre) sur un bénévole médecin qui se propose de me strapper. (je pense qu’il a vu que je clopinais pas mal).
Guillaume me donne gracieusement son strap (car j’ai utilisé le mien pour strapper mon baton cassé, … sans grande réussite).
Le strap est bien serré mais j’arrive à me relever. C’est alors qu’il me propose de m’accompagner pour rejoindre la voiture ballet à moins de 5 kms !!
Pas très lucide, je ne comprends pas tout de suite ? En fait, il évalue que compte tenu du type de douleurs que j’ai, je n’ai que peu de chances d’aller au bout et qu’il serait plus sage d’en rester la !!
De mon coté hors de question d’arrêter. Je le remercie pour son conseil et rétorque une vérité du genre « j’ai pas fait tout ça pour arrêter là !! ». Enfin bon, c’est décidé on continue. Avec mon baton cassé et mon genoux en mode momie, on dirait une pub pour Elastoplast.

La reprise se passe plutôt bien. La douleur est toujours présente mais le strap qui maintient bien l’articulation fait son effet, et je pense avec le recul que le genoux tourne moins vers l’extérieur. Ce n’est pas encore le top mais j’arrive à courir dans la descente (en tout cas je suis Guillaume !!)

Au bout de quelques minutes (et quelques centaines de mètres de D-), je me rends compte que je n’ai plus la Gopro !! Quel boulet, elle est restée sur le cailloux ou on a fait le strap !!!
J’annonce à Guillaume, on s’arrête et me voilà reparti dans l’autre sens. Il faut remonter, croiser les autres participants et leur demander si ils ont vu quelques chose !!!

Mais quel boulet !!!

Au bout de plus de 30 minutes de balade dans le sens inverse j’arrive enfin sur les lieux de « l’intervention ». Miracle, elle est toujours la. Sagement cachée au bord d’un buisson. J’embarque le précieux objet et rebelotte, c’est reparti pour la descente.
Après 40 minutes de suppléments, je suis de retour à l’endroit ou j’avais laissé Guillaume qui n’y est plus mais ce n’est pas trop grave. Je ferme ma gueulle; j’avais qu’à faire plus attention.
Je repars donc à mon rythme. En se rapprochant de la forêt le chemin est moins pentu et surtout moins technique. J’en profite pour accélérer: je n’ai presque plus mal au genoux, c’est la fête !
Cette deuxième partie de descente est un moment très agréable du périple. La fatigue est bien présente mais les conditions météo sont bonnes et je me surprends à courir de plus en plus vite.C’est d’ailleurs dans cette section que mon GPS s’est mis à « perdre toute sa lucidité » puisque je me suis retrouvé sur des sections à 3m20s au km !!! (Kilian fait gaffe j’arrive). Sur le coup, le manque de lucidité sème un peu la confusion mais quand les KM commencent à défiler toutes les 3 minutes, on fini pour se rendre compte qu’il y a un truc qui ne marche pas bien.
Bilan de ce petit évènement : + 25km sur la course (et prêt de 800m de D+). C’est le mode Ultratrac qui ne fonctionne pas bien. Pour la suite, il faudra utiliser le mode GPS et recharger la montre en courant.

A la fin de la longue descente qui nous ramène dans la vallée, je retrouve Guillaume qui m’attendait au ravito du 47eme km. Il est bien reposé pour que ça fait au moins 30 minutes qu’il est la.

S’en suit une traversée un peu longue de la vallée, au milieu de zones pavillonnaires et de zones industrielles.

Nous traversons l’autoroute en nous remémorant l’Ecotrail si sauvage (en particulier le passage de la N118), puis nous arrivons à la base de vie de St Nazaire.

Nous sommes parti depuis 14h30, nous avons parcouru 53Km et nous sommes dans les clous de ce que nous avions prévu.

Base de vie

Nous allons passer plus de 2 heures dans la base de vie. L’idée était d’expérimenter en vue des trails plus long.

Nous allons donc

  • nous doucher
  • nous faire masser
  • nous faire soigner
  • nous restaurer
  • essayer de dormir 30 minutes

Bon, ce n’est pas une grande réussite (en particulier le dodo) mais ca nous permettra quand même de bien recharger les batteries. 

A l’avenir, je pense qu’il faudra écourter ce genre de ravito et essayer d’aller le plus loin possible sur les premiers 24 heures car objectivement, nous étions fatigués mais pas au point d’aller dormir.

A 22h40, nous quittons la base de vie, la nuit est maintenant bien installée, il fait assez froid, il pleut pas mal, on nous annonce des conditions difficiles (neige mouillée, brouillard, vent, froid) dans le massif de la Chartreuse,

Ca va être le pied !!

A SUIVRE ….

 

Etape 4 – UltraMarin – Raid 87K

Etape 4 – UltraMarin – Raid 87K

15h15 minutes, 92,3km à ma montre, 536 sur 1121 inscrits, 33% d’abandons, 35° au départ

… et pour la première fois

la grosse banane à l’arrivée

 

Dimanche 9 juillet 23h. 
J’en ai bien profité pendant toute la semaine mais il faut se résoudre à couper le bracelet Ultramarin que j’ai gardé à mon poignée depuis la course.

Mais maintenant François, il va falloir s’y remettre car sinon, fin aout, ca risque de ne pas être aussi joyeux.

… mais revenons quelques heures en arrière.

La préparation

Après un Ecotrail éprouvant mais riche en émotions, je m’y suis remis assez rapidement.

  • 1 semaine après je me fais une petite sortie de 25 km.
  • Puis un rythme de 45 / 50 km par semaine durant le mois d’avril – essentiellement du fractionné et de la course à allure.
  • Puis le 4 mai, le no-finish line :


33 tours du champ de mars.
Le mode hamster dans toute sa splendeur.
Fatigué dès le 2ème tour car juste après une semaine de boulot.

  • puis reprise des semaines studieuses jusqu’au 15 mai

Guillaume de son coté s’entraine très peu car il s’est un peu moins bien remis de l’Ecotrail.

Doume, quant à lui, est out pour toute l’année – il a du mal à marcher et doit se faire opérer du ménisque en juin …

  • Une petite escapade en provence avec quelques balades dans les cailloux mais en fait quasiment pas de trail dans toute cette période.

A partir du 20 mai, la préparation entre dans une période beaucoup plus « nuancée ».

On va dire que l’accent est mis sur l’hydratation, et le stockage des réserves alimentaires !!

En gros j’ai fait le cochon tous les week-ends

  • Mariage
  • Communion
  • Soirées,
  • Tournée de rugby en Irlande
  • Apéros

 

C’est donc après une préparation « très moyenne » que je vais me présenter au départ de la course. Guillaume de son coté a été un peu plus sérieux les 3 dernières semaines mais comme il n’avait quasiment rien fait pendant 1 mois et demi, …

En tout et pour tout j’ai du faire 2 sorties à plus de 4h depuis l’Ecotrail.

La dernière semaine

Ca commence un peu à cogiter.

On prépare la logistique et on se fixe un objectif de 14h sur une course de 87 kms.

A priori la météo devrait être clémente; ça va nous changer de l’Ecotrail !!! avec grand beau et du vent.

Nous nous plions, non sans mal, aux 3 derniers jours, pates – protéines – glucides – eau.

Compte tenu des conditions météos, je décide de partir en running avec un tshirt et une paire de chaussette de rechange, plus évidement le matériel obligatoire (la veste raidlight qui restera bien sagement dans le sac !!)

Il faudra aussi prendre beaucoup d’eau car plus la semaine avance plus la température grimpe (tiens, ça me rappelle un truc ?)

L’avant course

Départ le vendredi matin de la gare Montparnasse pour un train qui doit nous amener à Vannes vers 11h30.

Il faut ensuite se rendre au port, récupérer les dossards, poser les sacs et prendre la navette – rendez vous à 11h50 ; Ca va être chaud !!

Heureusement, Guillaume qui connait un alcoolique dans chaque port, a convaincu un de ces pote de venir nous chercher à la gare pour nous amener au centre ville puis de nous amener jusqu’au départ à Arzon de l’autre coté de la baie. C’est sympa car il vient de Nantes !!

Tout se passe donc du mieux du monde,

  • On s’est changé dans le train.
  • Toutes les affaires sont prêtes !
  • Le pote de Guillaume nous pose au village Ultramarin ou nous récupérons les dossards et ou nous posons les sacs.
  • Puis il nous amène jusqu’à Arzon.
  • On le regarde manger un pavé d’andouille en buvant des bières pendant que nous sirotons avec fébrilité nos Periers tranches.

Il faut TRES CHAUD et le on ne ressent pas le vent.

Vient l’heure du départ, un dernier coup d’eau sur le visage et c’est parti : les fauves sont lachés

Descente vers les enfers

Après quelques kilomètres, je suis dans le dur.

Il fait vraiment trop chaud, 

On avait décidé de partir doucement mais même avec une allure d’escargot j’ai le coeur qui bat à 150.

Dès qu’on peut on s’asperge d’eau; heureusement les habitants de la baie sont très nombreux à nous encourager et ils ont tous un bidon, une bassine ou un tuyaux d’arrosage. Ces douches improvisées sont bénéfiques mais malheureusement, en quelques minutes, la chaleur reprend le dessus !!

Au bout de 2 heures de courses, je suis complètement cramé. Guillaume essaye de mettre un peu de rythme mais impossible d’avancer.

Et pourtant d’un point de vue physique tout va bien !! Pas de douleurs, pas de fatigue physique mais un cerveau qui hurle de tout son possible qu’il faut s’arrêter immédiatement.

Le premier ravito (19K) est atteint après 2h30 de course; ca me permet de redescendre en températures et de prendre quelques fruits secs.

A ce moment de la course, la ligne d’arrivée parait innatteignable;

  • la chaleur ne fait qu’augmenter
  • le vent est peu perceptible car la topographie du parcours (entre des haies, le long de la cote, …) nous met à l’abris des bourasques
  • par ailleurs, je chemin n’est pas technique mais il se compose de petites montées (quelques mètres, escaliers, …) et descentes incessantes
  • seules satisfactions :
    • les paysages sont grandioses et
    • les habitants nous encouragent et nous aspergent souvent.

Je repars du ravito un petit peu mieux mais l’accalmie est de courte durée.

Après à peine 30 minutes, je me retrouve dans un état de délabrement inimaginable.

Le syndrome Rois Maudits !!  :  je suis dans le rouge absolu et je n’avance plus

Vers le 22eme km, Guillaume me plante (enfin je lui ai dit de partir) car il s’excitait à doubler des mecs en marche nordique et je n’avais pas la volonté d’accélérer.

De toute façon, je dois me faire une raison entre le 20eme et le 25eme km :

Guillaume me plante !! Dont acte.

Les kilomètres s’enchainent mais je me pose vraiment la question de l’abandon.

 

Arrivée à Sarzeau après 34Km de courses et 5h10 de galère

On est à un peu plus de 1/3 du parcours; je m’arrête quelques minutes pour recharger l’eau et me décontracter les jambes.

C’est toujours aussi difficile même si je vais un peu mieux.

En revanche, le spectre de l’abandon est toujours là, en embuscade, prêt à fondre sur moi au moindre petit coup de mou.

Je fais une petite introspection : physiquement il n’y a rien de grave mais c’est psychologiquement que ça ne suit pas.

Je me repasse en boucle les récits et autres vidéos qui répètent à l’infini qu’il ne faut jamais abandonner (sauf blessure ou barrières horaires évidement).

Ils sont marrant les gars !!!, c’est facile à dire de ne jamais abandonner !! Alors je me résigne à continuer mais vraiment j’ai du mal à me convaincre que c’est une bonne idée

Encore au moins 9h !!!

  • « Ca va être une éternité »;
  • « Qu’est ce qu’il faut être con pour faire ça »;
  • « Pour la diagonale, je suis plus très sur, c’est quand même peut être au dessus de mes moyens »;
  • « Je ne parle même pas de Grenoble dans 2 mois – ca va être une boucherie »;
  • « Finalement je devrais peut être viser des trucs moins longs »;
  • « Et ce con de Doume qui est peinard à la maison »;
  • « Bon allez, « profites » le paysage est joli !! »;
  • « Et puis, les autres gars (et filles) n’ont pas l’air beaucoup mieux que toi, en plus pour la plupart ils sont affutés alors que toi et ta prépa « ole-ole » …

La procession des galériens chemine le long des chemins de la baie.

Retour sur terre

Au fil des kilomètres l’ambiance passe de « merdique » à « cotonneuse ».

Entendons nous bien, ça reste encore très incertain. Il fait un peu moins chaud mais je marche beaucoup (au moins 1 tiers du temps);

45eme km, je passe la mi parcours en 6h55 et j’ai toutes les peines du monde à faire une règle de trois pour savoir à quelle heure je devrais avoir fini.

 

Arrivée au gros ravitaillement du Hézo, 50km – 7h30 de course.

Je croise Guillaume qui repart au moment ou j’arrive.

Il est 22h30 et il fait encore très chaud. On se croirait dans un hôpital de campagne !! :

  • il y a beaucoup de gens au regard hagard, les yeux dans le vide;
  • d’autres sont couchés sur des brancards;
  • on entends dire qu’il y a plus de 30% d’abandons;

De mon coté, ça va. Je suis énervé, j’en ai marre mais maintenant je n’ai plus envie d’abandonner.

Je me fais un gros sandwich saucisson fromage; j’en profite pour changer le haut et les chaussettes. Je commence à avoir quelques rougeurs sur les pieds mais rien d’extra-ordinaire.

Il est temps de repartir; j’allume la frontale car il fait nuit noire et je reprends ma place dans la lente procession des galériens.

A ce moment de la course, je ne vais pas très vite mais en gros je courre 1km, je marche 300m.

C’est marrant car du coup, on passe son temps à doubler et re-doubler les mêmes personnes qui avancent au même rythme mais avec des cycles différents !!

Je discute pas mal pendant tout ces kilomètres, en particulier avec un Cholleté. Il est plutôt affuté (il participe aux championnats de France marathon vétéran) et marche plus vite que moi; mais comme il est un peu cuit, je maintiens le rythme dans les parties de course. Nous allons passer les 20 prochains kilomètres ensemble.

Le paysage est maintenant « très nocturne » et on ne voit pas grand chose.

Il y a toujours des spectateurs tout au long du parcours; ils sont motivés et c’est marrant de les voir attendre le long des routes et des chemins, de les entendre encourager leurs héros respectifs; puis de les voir reprendre leur voiture pour aller quelques kilomètres plus loin recommencer leur manège.

J’en profite pour passer quelques coup de fil; le temps passe; les jambes commencent à être un peu engourdies; les ampoules et autres douleurs plantaires nous rappellent que le trail : « c est le pied ».

 

Le Séné, 70eme km – 11H30 de course

Je prends mon temps car il n’y a pas de pression sur les barrières horaires.

Recharge l’eau, je picore du salé mais je n’ai pas très faim.

Inspection des pieds : j’ai une grosse ampoule le le pied droit au niveau de la jonction des orteils avec la voute plantaire; je la perce et essaye de calmer la douleur avec un cataplasme de seconde peaux et d’elasto !! (ce ne sera pas très efficace)

Je repars seul du ravito mais au bout de quelques centaines de mètres, je suis rejoins par mon compagnon Cholleté qui entre temps à rallier un troisième larron (nantais je crois). Nous reprenons notre rythme pendant 2 ou 3 kilomètres.

Je vais de mieux en mieux mais je reste sagement avec mes collègues; après tout ce n’est pas désagréable d’être en groupe et le temps passe plus vite.

En route vers « l’Olympe »

A ce moment de la course il reste officiellement moins de 18km de course.

On parle beaucoup de chimie dans ce type de pratique; adrénaline, endorphine, (sandwich dona ?) Mais dans quelques centaines de mètres, il va se passer un truc qui devrait faire réfléchir le plus cartésien des individus.

Nous avancions tranquillement, alternant course et marche. Bien sur les organismes commencent à être un peu usés et la débauche d’énergie qu’il a fallu consacrer à la gestion des 6 premières heures caniculaires a laissé des traces. Mais globalement notre petit groupe va plutôt bien.

Au détour d’un chemin, nous croisons un check point à qui nous demandons confirmation que nous ne sommes plus qu’à 18 km de l’arrivée. Sur ceux, le bénévole nous précise que en fait de 18Km, il faudrait plutôt compter sur 21/22 km car le parcours est un peu plus long que prévu.

Ces 3/4 kilomètres « imprévus » vont littéralement faire exploser notre équipe. En quelques minutes (dizaines de secondes), le troisième larron de l’aventure s’est complètement recroquevillé, tête basse, pas lourd. Il n’a pas réussi à intégrer ces 3 km supplémentaires. (et ca s’est passé tellement vite que la chimie n’est pas forcement la cause de ce revirement)
En moins de 500m, il a décrété qu’il en avait marre et qu’il n’avançait plus.
Le deuxième larron qui se trouvait plutôt mieux s’est mis à trottiner en nous promettant de nous attendre un peu plus loin.
Quant à moi, j’ai essayé de le convaincre que 3 km, ce n’était quand même pas grand chose; mais rien à faire : on a encore ralenti la marche.
Puis au bout de 200 ou 300 mètres, il a insisté pour que je reprenne le rythme et qu’il ne fallait pas l’attendre.

Je me suis donc retrouvé comme un con, en pleine campagne, à 22 km de l’arrivée, seul. De mon coté j’ai absorbé le nouveau planning en coupant en 3 les 22 km restants.

J’ai recommencé à marcher à allure rapide puis à trottiner puis comme j’étais bien, j’ai continué à trottiner; (fini l’alternance marche/course).

Et contre toute attente, j’ai accéléré !! avec des sections à 9/9.5 km/h.

Rapidement j’ai repris mon premier compagnon mais je l’ai laissé sur place; j’ai doublé des dizaines de concurrents pendant ces 3 heures.

Ce qui est extra-ordinaire, c’est que à la différence du début de course ou physiquement tout allait bien; à ce moment là du périple je commençais à vraiment être fatigué !

  • jambes lourdes, douleurs musculaires, début de crampes
  • haut du corps engourdi – nuque raide, bras raides
  • pointes intermittentes au niveau du genoux droit (pour l’Ecotrail, c’était le gauche)
  • douleurs aigues au niveau des pieds (ampoules, chevilles, …)
  • en revanche, rythme cardiaque à 105-110 max quel que soit la cadence !!

Et pourtant j’étais content de courir !

Du coup j’en ai bien profité; musique à fond; parfois je chantais; les kilomètres s’enchainent !!

C’est la première fois que dans une course, je ressens ces émotions aussi longtemps (il y avait bien eut quelques épisodes pendant l’Ecotrail mais rien à voir avec ces 2h30 de poillade)

Ils avaient raison les mecs du 38eme kilomètre

IL NE FAUT JAMAIS ABANDONNER CAR SINON TU NE PEUX PAS VIVRE CA

Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin.

Le jour se lève et la ligne d’arrivée pointe son arche !!

Je l’a franchi après 15h15 de course et 92,3 km sur ma montre

Par rapport aux autres arrivées ou en général, je ne suis plus trop lucide, j’en profite bien et je vis l’instant avec délectation.

Guillaume est arrivé (comme d’hab) 3 minutes avant moi . Si la course avait durée 500 mètres de plus je le passais sur la ligne !

A peine le temps de récupérer les tshirts finisher et nous nous retrouvons à plusieurs coureurs devant une bonne bière sur le port.

On y passe 2 bonnes heures, puis douche et une longue séance de kiné pour se requinquer.

Vers 9h30, nous allons déambuler vers le village « olympique » et enfin on se pose dans un bistrot sur la ligne d’arrivée.

On y voit partir les concurrents des courses du samedi et surtout, on y voit arriver les premiers « extra-terrestres » du 177km qui pointent leurs baskets en 18h45 !!!

 

Après l’effort, le réconfort

Mais après quelques demis bien frais, on commence à piquer du nez. Il faut dire qu’on est débout depuis plus de 30 heures et que la fatigue nous a bien rattrapés. Heureusement, il est midi et nous décidons de tout de suite mettre en pratique les conseils élémentaires de l’alimentation post-effort. L’objectif est clairement de tout de suite se projeter sur notre prochain défi dans les Alpes

Au programme

  • plateau de fruit de mer géant, huitre, crabe, bulot, langoustines, crevettes, …. mayo,
  • blanc sec bien frais
  • crêpes beurre sucre en dessert

Repas du sportif

Après le repas, on tombe comme des mouches. Pas la force de partir à la gare à pied donc d’un commun accord, c’est taxi.

Puis arrivé à la gare, nous nous vautrons comme des manouches couchés sur le quai pendant 1h30 pour une petite sieste réparatrice. LE TOP.

 

Arrivée à Paris vers 19h, petite soirée légère, au lit à 22h et une grosse nuit de sommeil : PARFAIT (quand je me rappelle la nuit d’après l’Ecotrail, je pense que l’effet kiné/massage est vraiment bénéfique . Il faudra reproduire)

Le lendemain, à peine quelques courbatures. Une grosse ampoule qui durera quelques jours mais vraiment Rien à Signaler !! L’envie de reprendre dès le mardi suivant. Mais je me suis calmé puisque nous avions décidé de récupérer au moins 8 jours.

Conclusion

Après quelques jours de recul, cette aventure a vraiment été magnifique.

L’Ecotrail m’avait déjà fait évoluer d’un échelon mais là je pense qu’on commence à s’approcher des spécificités de cette pratique. On est pas encore à Saint-Denis, mais clairement ça devient envisageable !!

Bien sur, l’UT4M du 25 aout peut très bien faire s’écrouler tout l’édifice mais dans tous les cas, je garderai un excellent souvenir de ce Raid87 du Morbihan.

Le programme de l’année prochaine n’est pas encore fixé, mais pourquoi ne pas s’essayer sur le 177 (même si je pense qu’avec des conditions aussi extrêmes, nous n’aurions probablement pas terminé le périple !!)

Mais n’oublions pas : L’IMPORTANT C’EST LES 3 POINTS !!

Au final, nous terminons 536eme (Guillaume) et 542eme sur 1121 inscrits (1043 partants, 680 classés, 363 abandons)

Voilà le résumé officiel de la course

La 14ème édition de l’Ultra Marin s’est déroulée du 28 juin au 1er juilllet 2018 

L’édition s’est déroulée sous une forte chaleur durant quasiment tout l’évènement, avec cependant des orages dans la nuit du samedi au dimanche qui sont venus rafraîchir les concurrents du 177km et du 56km encore dans la course. Ces conditions météo ont rendu la course plus difficile, pour tous et, les participants ont dû modérer leurs allures sur les trails. Le mode marche s’imposait souvent pour un grand nombre d’entre eux.

6864 coureurs et marcheurs de tous ages ont participé à l’évènement. C’est le record de participation sur l’Ultra Marin.

5490 participants ont franchi la ligne d’arrivée à Vannes, soit 79,98% des partants. Le Grand Raid 177km affiche cependant plus de 50% d’abandons, comme cela se produit à chaque édition se réalisant sous de fortes chaleurs, soit 52,97 % d’abandons sur 1123 participants. Sur le Raid 87km, 32,43 % d’abandons, le 56km 14,98 %, la RRD 3,95 %, 11,27 % sur le Relais et 11,90 % sur la Marche Nordique.

Certains participants ont signalé avoir manqué d’eau et nous le regrettons. Il y a eu un manque au premier ravito de Kerbilouët sur le parcours du 177km où le réapprovisionnement n’a pas été possible. Par contre, l’organisation est allée raffraîchir ceux qui n’avaient pas eu d’eau, un peu plus loin, au moulin de Pomper. Une coupure d’eau s’est aussi produite sur toute la commune de Séné, le samedi matin. C’est pourquoi le départ de la Marche Nordique a été retardé d’une dizaine de minutes, en attendant le rétablissement de l’eau.

Le règlement de la course implique que les participants soient autonomes entre les ravitaillements d’une distance en moyenne de 15 à 20km. Des points d’eau ont toutefois été rajoutés par l’organisation entre certains postes, en raison de la chaleur.

La vidéo

 

 

Etape 3 – Ecotrail 80K

Etape 3 – Ecotrail 80K

YES !!!

 

1 er étage de la tour Eiffel le 18 mars 2018 vers 1h du matin après 12h42 d’une épreuve inoubliable, je ne l’aurais pas parié il y a 3 ans …

 

Mais revenons à ce début de journée…

Après une préparation qui me paraît réussie, une dernière semaine très appliquée avec du repos et une alimentation en rapport avec l’objectif, le samedi tant attendu se rapproche dangereusement.

Derniers échanges avec Guillaume et Doume la veille. Pour être tout à fait honnête, sans être hyper stressé, je n’en mène quand même pas large. J’ai beau avoir modélisé la course parfaite dans tous les sens (ingénieur !!), plus la ligne de départ se rapproche plus les courbes, les atténuations, les modèles mathématiques s’éloignent.

Cette dernière semaine a été aussi l’occasion de lire pas mal de posts sur le forum kikourou; faut bien admettre qu’il y a l’air d’avoir quelques spécimens « intéressants » en région parisienne !!. En tout cas que ce soit sur kikourou, sur meteo-paris, sur meteo-france, sur la meteo de google, (chez Madame Hirma …), j’ai l’impression que personne n’a la moindre idée de la météo pour samedi. En gros, tous les jours ça change : pluie / pas pluie, gel / pas gel, neige / soleil, vent / pas vent … c’est désespérant car quand tu te fais une joie de sortir la jolie tenue que tu t’es acheté dans l’hivers mais que tu ne sais pas si ca va coller, tu gamberges et du coup tu retournes t’acheter à la va-vite la veille un truc plus chaud, plus long, plus vert, ..

Le vendredi, récupération du dossard à la porte de Versailles, puis on rentre tranquillement, on fait le sac et on essaye d’aller dormir.
La nuit a été plutôt bonne, réveil vers 7h puis petit déjeuner du sportif , comme dirait un ami Pierre C.,
une viande blanche,
des pates,
beaucoup d’eau
et ça devrait aller pour dimanche …

Puis départ pour Saint Quentin en Yvelines. J’ai opté pour l’option train de banlieue avec une bonne heure de marge afin de ne pas se speeder.
Je ne suis pas le seul dans ce cas, car gares après gares (Courbevoie, La Défense, Puteau, Chaville, Versailles, …), on récupère de plus en plus de gens « très typés » ; déguisés comme à la Gay Pride (avec les chars et la sono en moins).

Pendant le trajet, la neige fait son apparition (alors que 4 heures avant la météo annonce un samedi gris, froid mais avec une probabilité d’intempérie de moins de 25%…)

Arrivée à la gare de St Quentin, je récupère Doume qui est arrivé par le train d’avant.

Finalement, il est au départ. Chapeau !! car il a encore mal au genou et que on ne peut pas dire que sa préparation soit aboutie.

Puis les navettes nous amènent jusqu’à la base de loisir ou nous faisons la jonction avec Guillaume.

L’équipe est fin prête !!

Nous nous dirigeons vers le départ, une pluie très forte s’invite et en guise d’échauffement nous nous replions vers une tente déjà bien remplie pour attendre les 45 dernières minutes. Notre stratégie de course ne demande pas à partir dans les premiers donc pas de raison d’aller se geler dans les sas du début !!

La pression monte

Puis c’est le départ

Comme prévu nous partons dans les derniers.

Le terrain est TRES GRAS avec des flaques d’eau qui en ce début de course canalisent le flux des coureurs. (si on savait ce qui nous attend on ne chercherait pas à éviter la boue …)

Au dernier moment, j’ai opté pour ma paire de chaussettes étanches – c’est une grande première !!

Le début se passe bien comme prévu; pas de difficultés. Le rythme est bon et nous permet d’être dans le ventre mou des coureurs.

Le long du lac, je m’arrête pour refaire mes lacets et je perds mes lunettes (de vue). Je m’en rendrai compte quelques kilomètres plus tard. J’appelle Sandrine en catastrophe pour lui demander d’essayer de retrouver ma vieille paire qui a une branche cassée.

Arrivée sur la passerelle de Saint Quentin : RAS, puis traversée de la ville, puis les premiers chemins.

L’ambiance est bonne, le terrain nous parait gras (si on savait !!) mais cela ne vient pas nous décourager pour autant.

Doume suit sans trop de difficultés même si je pense qu’il commence à avoir mal au genoux.

2h40 – Arrivée au ravitaillement de Buc

Arrivée à Buc à peut prêt dans les clous de ce que nous avions prévu. On s’arrête un petit peu pour attendre Doume qui a pris quelques minutes de retard. Il fait très froid et la neige est maintenant bien présente.

On repart pour les premières difficultés de la course.

On lache Doume dans la montée peu après la sortie du ravito. Les conditions sont de plus en plus rudes. Ce qui jusqu’à présent était un chemin facile avec quelques flaques est devenu un ruban de boue plus ou moins collante avec de temps en temps une petite mare d’eau.

Cela fait maintenant longtemps que les coureurs ne font plus d’efforts pour ne pas marcher dans l’eau.

De mon coté, les chaussettes étanches se comportent à merveille. L’eau ne rentre pas !!
On a juste une impression de froid lorsque l’eau pénètre dans les chaussures mais rien à voir avec la macération subie dans ce genre de situation.

La course continue, on rattrape les dernières joëlettes qui, bien que conduites par des mecs (et des filles) qui on l’air d’être des avions de chasse, galèrent énormément dans la boue. Je n’imagine pas la débauche d’énergie pour arriver à déplacer ces objets dans ces conditions !!! (et encore ce n’est rien à coté des escaliers de la Tour Eiffel !!)

J’ai un petit coup de moins bien vers le 35eme Km et Guillaume me lache petit à petit. Je ne le reverrai plus.

Passage du 42eme km autour des 6 heures, ce n’est pas très rapide mais on reste dans les clous et en plus, je n’ai pas l’impression d’avoir puisé dans mes réserves.

A partir du haut de Vélizy, les conditions se dégradent encore !! Le chemin est maintenant une horrible coulée de boue dans laquelle on s’enlise jusque bien au dessus des chevilles.

Par moment, il n’est plus possible de courir.

La moyenne s’en ressent et petit à petit les barrières horaires qui jusque la étaient « larges » se rapprochent !!

En revanche, on est en terrain connu et le morale est bon. J’ai juste une petite douleur sur l’extérieur du genoux gauche qui se rappelle à moi dans les descentes mais rien d’alarmant.

6h40 – Chateau Philippe à Meudon

On a fini par arriver à Meudon ou Sandrine et les enfants m’attendent. Ils ont du courage car il fait vraiment un froid de canard avec un petit vent sur la neige qui ne laisse pas indifférent.

J’en profile pour me changer intégralement (le haut), ce qui n’est pas un luxe !!

Puis un peu de thé chaud sans sucre qui fait beaucoup de bien.

Il neige toujours, la nuit est entrain de tomber, mais je suis plutôt de bonne humeur, persuadé que le plus dur est derrière nous …

Rétrospectivement, si j’avais su ce qui nous attendait, je ne suis pas sur que je serais reparti.

Une petite photo avant la nuit

Montée vers l’observatoire, on allume la frontale.

Avec la neige qui tombe à gros flocons, le froid et la vapeur d’eau liée à la respiration, le champ de vision est limité aux quelques mètres juste devant nos pieds.

En passant l’observatoire, on voit au loin la tour Eiffel et on se dit que ce n’est pas ces 30 derniers Km qui vont nous faire peur !!!

On rentre dans le dur

Il fallait bien que ça arrive, juste après l’observatoire et son long mur, on passe un niveau de plus dans les conditions !!

Maintenant c’est franchement l’enfer.

La nuit est complètement tombée.

Le chemin est affreux; il faut dire qu’il a vu passer les gars du 45, les gars du 30 et la moitié de ceux du 80; c’en est trop pour lui !!

Heureusement, il neige tellement et le hallo de « fumée de respiration » vient tellement masquer la vue que par moment, on ne voit plus à 1 mètre devant.

C’est donc à l’oreille que se parcourent ces kilomètres. Je me prends à fermer les yeux de temps en temps et à me guider exclusivement au bruit des flocs-flocs qui maintenant nous suivent sans arrêt. Heureusement que je connais le chemin par coeur !!

En revanche, on se déplace vraiment pas vite et je commence à m’inquiéter sérieusement sur ma capacité à rentrer dans le parc de Saint Cloud avant 23h.

J’apprends que Doume s’est arrêté à Meudon car il était à bout. C’est déjà un bel exploit d’être arrivé là !!!. Rétrospectivement, j’espère qu’il ne le regrettera pas car aujourd’hui, 1 mois après, il a toujours du mal à marcher !!

Je passe un coup de fil à Guillaume qui de son coté a retrouvé Jérome. Ils sont plus de 30 minutes devant moi et ils en chient autant !!

C’est le moment charnière de ce périple.

On est autour du 52km, je sens bien que ça ne va pas le faire car plus personne n’avance et que il n’y a aucuns éléments qui laissent présager que ça va s’arranger.

Je suis fatigué mais pas plus que ça, et soudain juste après la descente du coté des terrasses de Meudon, j’ai un déclic !!

La remontada !!

Ca se passe en quelques minutes. Je me dis que ce serait trop con de se ramasser au prochain ravito, que je suis largement capable d’aller plus vite, et je me suis mis à courir alors que tous les autres marchaient.

En gros j’ai couru tout le temps.
– En montée,
– En descente,
– Sur le plat,
– Dans la boue, …
…….. j’ai couru, « pas vite », mais tout le temps.

Le calcul est simple : en gros au rythme ou je me déplace à ce moment de la course, il me manquera 30 minutes pour passer le portail du parc de Saint Cloud. Du coup, comme tout ingénieur qui se respecte, je découpe le reste à faire en minutes par rapport à la barre fatidique des 23h en ajoutant un peu de rab pour le confort. Et à chaque 500m, je compte si je suis mieux ou moins bien que ce qu’il faudrait. Si je suis moins bien, les 500 mètres d’après je me fais violence et je relance avec comme seul objectif de récupérer les quelques secondes perdues les 500 mètres d’avant quitte à s’arrêter au circuit d’après si je suis cuit !! Du coup, si c’est une montée : j’en chie !!!

Cette période est assez éprouvante physiquement car j’avais vraiment l’impression que je me grillai et que je ne pourrai pas finir.

C’est aussi une période ou je double énormément de concurrents. La procession des galériens avec leurs petites lumières qui cheminent bien sagement en silence dans un sous-bois à 20Km du centre de Paris, de nuit, sous la neige avec comme seule ambition de continuer à se faire chier pendant encore 4 ou 5 heures pour une photo rapidement prise au premier étage de la tour Eiffel, a quelques chose d’absurde et de risible; c’est la qu’on se demande pourquoi on fait ça !

8h50 – Chaville

Je m’arrête 1 ou 2 minutes à Chaville pour prendre des abricots, bananes et une soupe que je commence à boire en repartant (sauf qu’avec la nuit et les glissades de la boue je m’en mets partout).

La zône de ravitaillement a des airs de cours des miracles. La boue y est omniprésentes, des mecs sont dans leurs couvertures de survie l’air hagard, il y a un bus juste avant qui attend ceux qui arrêtent.

Je n’ai pas trop calculé le ravito car mon seul objectif est l’entrée du parc de Saint Cloud mais à cette heure, j’ai encore au moins 20 minutes de retard par rapport à mon planning pessimiste.

Et ça repart. Traversée de Chaville et ses escaliers qui remontent vers le Ville d’Avray et ses étangs. Je suis au max de mes capacités, dès qu’il y a un faux plat j’accélère sur quelques mètres. Et puis secondes après secondes, ce qui paraissait difficile redevient jouable.

En revanche, je commence sérieusement à être fatigué. Les jambes sont de plus en plus lourdes et cette boue qui rend tout appui glissant commence à peser dans l’équation.

10h15 – Entrée du parc de St Cloud

Au prix d’un effort certain, je suis rentré dans le parc avant que la grille ne se ferme.

Il est 22h30, j’ai plus de 30 minutes d’avance !! Concrètement par rapport aux perspective de l’après observatoire, j’ai regagné 1 heure.

Je ne le sais pas à ce moment de la course mais Guillaume et Jérome sont à moins de 10 minutes devant.

Nouvel objectif : Tour Eiffel !

Un rapide calcul , il reste 2h30 pour faire 15 bornes. Sur le papier c’est jouable mais à ce moment de la course les conditions sont toujours exécrables, neige, boue, froid plus la fatigue qui maintenant est franchement présente.

C’est donc avec un regain de motivation, tempéré par les signaux renvoyés par mes jambes, que je repars dans ma technique des 500 mètres.

Sauf qu’à partir du milieu du parc, les épisodes « moins bons » se font de plus en plus fréquents. Il faut alors se faire violence à chaque fois pour rattraper les secondes au cycle d’après.

Dans le bas du parc, le terrain est apocalyptique, la boue coule sur les pavés !!. C’est un miracle que je ne me torde pas une cheville ! On traverse des marres de plusieurs centaines de mètres de long! ça colle ! c’est lourd ! vivement que ça se termine !!

Puis arrive enfin la dernière petite montée avant le ravito. Je la connais bien et je sais que c’est la dernière alors pour ne pas modifier ma tactique de course, je continue de courir (enfin vue la vitesse, c’est peut être un peu présomptueux de parler de course, mais moi, je suis au max !!).

C’est à ce moment de l’aventure que en quelques mètres, je me retrouve avec 2 crampes (une sur chaque cuisse !!). Vu le planning, je n’ai pas le luxe de m’arrêter et, en pensant aux années rugby ou la moindre crampe voyait se précipiter sur toi une horde de soigneurs pour t’étirer, te donner de l’eau, voir te sortir du terrain, mais la je sers les dents et je continue.

10h54 – Saint Cloud

Dernier ravito pris en quatrième vitesse, juste le temps de recharger l’eau et quelques sucreries. Il reste moins de 2h pour faire un peu plus de 10 bornes.

Au moment ou je repars dans les lacets de la descente vers la Seine, Jérome et Guillaume sont quelques dizaines de mètres en dessous de moi.

Je descends mécaniquement jusqu’à la sortie du parc, accompagné de mes 2 crampes que je traite par le mépris.

Puis sortie du parc avec une énorme satisfaction :
je vais le faire !!

J’appelle Sandrine et mes parents, puis trottine tranquillement le long de la seine : plus de boue !! Vive le Trail urbain !!

Comme je n’ai plus trop de pression, je vais un peu moins vite; j’ai arrêté de calculer tous les 500 mètres. Je discute avec des passants, je me fais doubler, je redouble.

On chemine tranquillement jusqu’au passage du périph; la route est bien connue et je la fais quasiment par réflexe. On se prend quand même quelques hectolitres de boue dans les quelques parcs que nous traversons (notamment dans le Parc André Citroen, ré-ouvert pour l’occasion et qui ne veut pas être en reste par rapport à ces prestigieux confrères et qui donc nous gratifie d’une flaque de toute beauté sur la moitié des 300 mètres de sa superficie)

Et au loin brille une lumière !

Ca y est, nous voyons enfin la tour Eiffel. Elle est la, à quelques centaines de mètres. Alors on ré-accélère un peu mais il n’y a vraiment plus d’essence dans le moteur.

Du coup je me traine …

Au 78eme Km après 12h22 de mesure ma montre s’arrête. J’ai tout le matériel pour la mettre en charge, mais je n’ai plus le courage et accessoirement le temps:

Ca va être tendu jusqu’au bout !!!

Puis viennent les dernières marches. J’aide un pauvre gars qui est entrain de faire un malaise vagal (j’espère qu’il aura trouvé la force de franchir les derniers hectomètres).

En haut des marches, au pied de la tour Eiffel, j’entends les bénévoles qui nous exhortent à se dépêcher, il est 0h50 – je vais passer à 10 minutes !!

Du coup, je me remets à courir le plus vite que mes jambes le permettent, dernière flaque d’eau, dernier virage

Et puis enfin, on me donne le ticket pour monter par l’escalier !!!

12h42 – Victoire !

La montée se passe comme dans un rêve. Le temps est arrêté et pourtant il passe à une vitesse folle.

J’ai assez peu de souvenirs de la montée mis à part l’ambiance générale. La procession des galériens a la banane !!

Dernières marches, on fait une petite queue de 1 ou 2 minutes et enfin je passe la ligne !!!

Il est 0h57, la journée se termine !!

Conclusion

Je retrouve Guillaume et Jérome qui m’accueille avec une petite bière. Je récupère la médaille et le teeshirt puis on redescend car il fait quand même très froid.

On récupère les sacs, une petite douche dans le gymnase (qui ressemble plus à une étable qu’à un gymnase) à coté de la Tour Eiffel et puis je rentre à la maison en AutoLib après avoir connu un épisode d’au moins 10 minutes à grelotter (genre spasmes « vaches folles »). C’est la première fois que je vis un truc pareil : complètement impossible de contrôler ses mains !! ça tremble de partout !!

Il faudra plusieurs heures pour que mon corps se réchauffe. J’ai greloté une partie de la nuit qui n’a pas été très bonne.

Après 3 ou 4 jours pour que les courbatures se résorbent.

Dès le week-end suivant, une petite sortie pour vérifier que ça marche encore ? Miracle tout fonctionne bien !!

1 mois après il reste le plaisir et la fierté d’avoir réussi.

Il y a aussi une petite déception pour Doume mais avec le recul, vu les conditions, c’est déjà une performance extraordinaire d’avoir rejoint Meudon. Aujourd’hui il se remet doucement et les prochaines échéances risquent d’être un peu aléatoires.

Contrairement à l’année dernière ou j’avais vraiment été dans le dur sur la fin, cette édition, bien que très éprouvante, restera comme un grand moment avec très peu de périodes « à oublier ».

What else – Et maintenant, on fait quoi ?

Cette année, il n’y aura pas d’UTPMA pour cause de communion, mais nous l’avons remplacé par le Raid du Morbilhan

C’est une course de 87km sans dénivelé et avec des barrières horaires « larges »

C’est l’occasion de continuer à progresser et à mieux se connaitre avec comme particularité une nuit et une gestion de l’effort non régulée par les contraintes du terrain (pas de dénivelé, pas de boue ?). Il ne faudra pas sous estimer l’épreuve. Nous y allons avec Guillaume (et peut être Doume) avec l’ambition de consolider les acquis de l’Ecotrail.

 

10 jours après l’Ecotrail, je me suis inscrit à l’UT4M 100K en aout !!

Depuis Guillaume s’est aussi laissé séduire.

C’est un monstre qui se présente devant nous !!

  • 100km,
  • 5500 m de D+,
  • avec des km verticaux à plus de 25%,
  • une barrière horaire à 36 heures

 

il va falloir s’accrocher mais on devrait bien rigoler.

… L’été s’annonce studieux, (la Réunion se rapproche un peu)

 

En bonus le suivi Strava de Guillaume et moi

https://labs.strava.com/flyby/viewer/#1458361746?c=u09mx1zu&z=C&t=1QhIMZ&a=ktXsVv5O7FY

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J-7 avant l’écotrail

J-7 avant l’écotrail

Dans moins d’une semaine c’est l’Ecotrail !!! Donnez moi une olive et je vous fais 1 litre !

 

Et oui dans une semaine c’est le premier « Ultra » !!

 

Mais avant cela il faut revenir un peu en arrière

Depuis le Cantal, les choses ont bien évoluées

A froid, l’étape Mandailles est une réussite, aussi on a continué l’entrainement comme des bêtes pendant l’été.

Au total, presque 200km en 1 mois et demi, quelques expériences dans les Pyrénées (la Rhune sous toutes ses formes).

Puis inscription à l’Ecotrail 80km pour ne pas réfléchir trop longtemps, puis inscription Au Trail des Rois Maudits (octobre 2017)

A l’origine, ça avait l’air sympa et accessible mais en creusant un peu, on s’est rendu compte que ça risquait quand même de piquer car il ne faudra pas trop trainer !!

Puis les Rois Maudits sont passés avec un gout d’inachevé dans la bouche. (j’y reviendrai dans un autre article).

Alors bien sur l’important c’est les trois points; mais je l’ai vécu comme un semi échec.

Il s’en ai suivi une période de dé-compression de plus de 1 mois et demi pendant laquelle on est parti en live. Apéro, repas, fiesta, … et pas beaucoup de « fractionné ».

Puis en novembre le semi de Boulogne avec Doume; fait sans entrainement en 2h et 8s !! (l’objectif était de moins de 2h). C’est la qu’on se rend compte que l’entrainement change pas mal de choses !!

Autre grosse nouvelle, depuis Aurillac, Guillaume (un ancien de l’ACBB Rugby) nous a rejoint avec beaucoup d’implication.

En décembre, j’ai donc repris l’entrainement pour l’écotrail avec une détermination sans failles (surtout vu les enseignements des Rois Maudits et à moindre mesure du semi de Boulogne). C’est la période pendant laquelle, Doume a choisi de se péter le genoux au tennis !!

Ah oui, de mon coté, après un été de réflexion, j’ai complètement arrêté le rugby; convaincu qu’à nos ages, c’est infaisable de concilier les entrainements et les phases de récup post Rugby. Doume devrait peut être s’en inspirer …

Comme Doume est un mec plutôt pointu en terme de réflexion, il a choisi dans un premier temps de traiter la blessure par le mépris, (il a continué à jouer au tennis et à faire semblant de trottiner).  Puis il a mis entre parenthèse la préparation course pour essayer de récupérer et aujourd’hui à 6J du départ, il doit totaliser une prépa honorable de 2 sorties longues de 7km. Heureusement il a mis à profit le temps qu’il ne passait pas à s’entrainer pour s’alimenter et s’hydrater; ce qui fait qu’aujourd’hui on peut dire qu’il n’a jamais été autant en « forme ». Mais bon, comme il a un mental d’acier et que 80Km c’est de rigolade, …

Du coté de Guillaume et moi, la préparation a été beaucoup plus chargée. + de 700 km depuis début décembre avec une séance spécifique fractionné, muscu, dénivelé, … tous les mercredi (merci JB qui nous accueille à l’ACBB).

Quelques sorties rigolotes :

  • 55 km de nuit dans Paris avec Guillaume
  • Une sortie de nuit (écourtée) dans la neige.
  • Le remake de l’écotrail 30Km avec Guillaume en mode facile.
  • La reco quasi complète de tout le parcours du 80Km.
  • De belles sorties en altitude à Méribel.
  • Des séances de fractionné dans la cote des gardes.
  • Des 30-35 Km quasi tous les week-end

On a aussi repris le contact avec Jérome (un autre ancien de l’ACBB) mais qui est beaucoup plus en avance que nous pour ce qui est de la « Trail Attitude ». Il va falloir créer une association à voir comment les anciens « premières lignes » de l’ACBB se sont reconvertit.

En décembre je me suis inscrit à l’OCC (petit UTMB) mais je n’ai pas été tiré au sort; peut être l’année prochaine.

Toujours en décembre (le 20 pour être précis), je me suis mis en condition de l’achat du package « Diagonale des fous », à un clic prêt c’était bon !!
Plus sérieusement, si tout se passe bien c’est pour mon prochain anniversaire (décembre 2018) qu’il faudra avoir la souris qui marche bien …. Ca passe vite !

Beaucoup de moments intenses et au final une préparation plutôt réussie, sans bobo ni contretemps.
Je ne sais pas si on va y arriver mais en tout cas, on a mis le maximum d’atouts de notre coté.

Maintenant, il faut se projeter sur le futur immédiat dans moins de 1 semaine.


Petit rappel du programme

Départ à 12h30 de la base nautique de St Quentin en Yvelines

Les 25 premiers kms sont plutôt « roulants » jusqu’au premier ravitaillement à Buc.

Puis on repart pour quelques kms avec un peu plus de difficultés jusqu’à Vélizy au Km 35.

Puis ça se complique pour arriver jusque chez Doume au Km 45.

Puis on rejoint l’observatoire de Meudon et le parcours du 30Km; sauf qu’on aura déjà 50Km dans les pates et que la nuit tombera et que la section entre le Km 40 et le Km 70 concentre quasiment 70% du dénivelé.

Si on en sort valide, on devrait finir par sortir du parc de Saint cloud entre 22h et 23h30 pour s’offrir les 10 derniers Km le long de la seine et enfin pouvoir re-respirer nos gaz d’échappement préférés – la Trail Attitude !!!

Puis arrivée à la Tour Eiffel et son premier étage (attention au vertige).


Sur le papier, on part quand même dans l’inconnu :

3 options:

  • Option optimiste – celle qu’on va essayer de suivre le plus longtemps possible
    11h20 de courses – arrivée vers 23h50
    Un rythme calqué sur une course à 9,4 Km/h avec 1h40 d’arrêts aux ravitos, et des pauses de 5 minutes tous les 15Km
  • Option probable
    11h50 de courses – arrivée vers 0h20
    Même temps de repos mais un rythme calqué sur une course à 9 Km/h.
  • Option « à la ramasse, course contre la montre »
    C’est l’option qui nous fait flirter avec les barrières tout au long de la course
    12h10 de courses – arrivée vers 0h40
    Même temps de repos mais un rythme calqué sur une course à 8,5 Km/h

Dans tous les cas, il va falloir trouver le bon équilibre entre avancer vite (en particulier au début), ne pas trop perdre de temps sur les zones faciles et ne pas se mettre dans le rouge sans s’en rendre compte (cf Rois Maudits).

En terme de topographie, le dénivelé est quand même très accessible; les 25 premiers Kms sont quasi plats, ensuite du Km 25 au Km 65 se concentre toutes les difficultés du parcours. La seule véritable difficultés, nous concernant, est d’arriver à maintenir un rythme « normal » pendant les 10 premières heures et de finir au mental.

Mais la perspective de l’arrivée au 1er étage de la tour Eiffel appelle bien quelques sacrifices

 

Dernier petit détails,

LA METEO

Ca devrait être acceptable avec quand même un peu de pluie pour l’arrivée; En revanche, comme il pleut depuis 2 mois, le terrain va être TRES boueux (en particulier sur les zones Meudon, Chavilles, Viroflay). Ca va être la fête aux pieds mouillés !!

Maintenant, il n’y a plus qu’à et rendez vous la semaine prochaine

Et rappelons nous les principes sur lesquels nous nous sommes construit

« Pugnacité, abnégation, volume de jeu, sacrifice »
sans oublier
« Hygiène de vie, rigueur morale, stabilité affective » 


Le roadbook de l’aventure

RAPIDE / MEDIAN / LENT
Nom Dist. Delta BH Ravi. Temps Heure dt Temps Vit.
DEPART 12:30
Passage St Quentin 9,9 9,9 1:00 13:30 1:00 9,8
1:03 13:33 1:03 9,3
1:04 13:34 1:04 9,2
Debut Reco 11,9 2,0 1:13 13:43 0:12 9,6
1:17 13:47 0:13 9,1
1:18 13:48 0:13 9
BUC 22,7 10,8 3:15 0:15 2:42 15:12 1:28 7,3
2:49 15:19 1:32 7
2:53 15:23 1:35 6,8
Passage A86 30,6 7,9 3:39 16:09 0:57 8,3
3:50 16:20 1:00 7,9
3:55 16:25 1:02 7,6
Fin Reco 35,7 5,2 4:16 16:46 0:37 8,3
4:29 16:59 0:39 7,8
4:36 17:06 0:40 7,6
Passage N118 40,9 5,2 4:54 17:24 0:37 8,2
5:09 17:39 0:40 7,7
5:18 17:48 0:41 7,4
MEUDON 45,9 5,1 7:00 0:15 5:48 18:18 0:53 5,6
6:05 18:35 0:55 5,4
6:16 18:46 0:57 5,2
Observatoire 48,7 2,8 6:10 18:40 0:21 7,7
6:28 18:58 0:23 7,3
6:40 19:10 0:24 7
Passage N118 53,0 4,3 6:40 19:10 0:30 8,5
7:00 19:30 0:31 8
7:12 19:42 0:32 7,8
CHAVILLE 57,4 4,4 9:00 0:30 7:44 20:14 1:04 4,1
8:06 20:36 1:05 4
8:20 20:50 1:07 3,9
Trav. Chaville 59,7 2,3 8:04 20:34 0:20 6,8
8:27 20:57 0:21 6,4
8:42 21:12 0:22 6,1
Etang Ville Avray 61,0 1,3 8:19 20:49 0:14 5,5
8:43 21:13 0:15 5,2
8:59 21:29 0:16 4,9
ENTR. ST CLOUD 64,9 4,0 10:30 8:47 21:17 0:27 8,5
9:12 21:42 0:29 8,1
9:29 21:59 0:30 7,9
ST CLOUD 69,4 4,5 11:00 0:30 9:53 22:23 1:06 4,1
10:20 22:50 1:08 4
10:39 23:09 1:09 3,9
Boulogne 71,4 2,0 10:07 22:37 0:13 8,8
10:35 23:05 0:14 8,3
10:53 23:23 0:14 8,1
Entree Paris 75,9 4,4 10:36 23:06 0:29 8,9
11:06 23:36 0:31 8,5
11:25 23:55 0:32 8,3
TOUR EIFFEL 80,4 4,6 12:30 0:10 11:18 23:48 0:41 6,6
11:49 0:19 0:43 6,4
12:09 0:39 0:43 6,3

 

Etape 2 – Marathon de la Jordanne 43 KM, 1800 D+

Etape 2 – Marathon de la Jordanne 43 KM, 1800 D+

Résultat : 8h32 !! selon les experts, on s’approche du record du parcours ! Il parait même que Killian Jornet aurait regardé la trace sur Strava pour s’en inspirer pour son prochain périple dans l’Himalaya !!

Mais revenons à l’essentiel

C’était génial !!

Voilà donc le périple
Tout d’abord revenons au début du weekend

Départ de Paris le vendredi matin

Départ à 6h du mat pour ne pas passer la journée dans la voiture et parce ce qu’on a rendez-vous à midi pour une collation organisée par notre staff sur site.
Bonne tête de vainqueur. Il faut dire qu’on est plutôt bien entrainé, la logistique est optimale et la météo s’annonce clémente.
Le voyage se passe sans encombres à part les 2 paquets de bonbon à qui on a « cassé la gueulle » en moins de 10 minutes. (mais non on est pas stressé !!)

Arrivée à Aurillac à 12h

Après la collation (soupe froide et poisson grillé), petite ballade dans ma métropole.
Nous cheminons jusqu’au village UTPMA.
La ville s’affaire sur les derniers préparatifs. Clairement lorsque j’étais à l’école à Aurillac, je n’ai pas souvenir d’avoir vu une telle logistique pour un évènement de ce type.

Puis vient l’heure de récupérer les dossards
Comme me le fait remarquer très justement mon père : « ah tient, c’est pratique , il y a le numéro d’urgence sur le dossard »

Le soir, on opte pour le menu diététique au bord de l’eau

  • Hamburger au Cantal
  • Frites
  • Bière
  • Rosé

En effet notre staff très concerné par les métiers médicaux est unanime; rien de mieux qu’un bon burger et d’un peu de rouge pour évacuer la pression.

Nous nous plions donc sans trop se faire tirer l’oreille aux recommandations du corps médical et effectivement, sitôt rentré, sitôt couché, sitôt endormi.

Le grand jour

Réveil 6h du mat, on se prépare en silence : gourdes, barres vitaminées, sodium, gels, petit dej. Fort de la dernière sortie en forêt, je m’applique à bien mettre les 2 semelles dans mes chaussures !!!

Puis vient le temps du premier pipi juste avant de monter dans la voiture.

…. On est prêt.

Le départ

A Aurillac, nous rejoignons les autres concurrents pour monter dans les navettes qui vont nous amener à Mandailles, et la, il faut bien admettre que il y a l’air d’avoir du niveau.

Les mecs, et les nanas sont tous taillés dans le même moule; sec, grand, baraqué et avec des bâtons; pas vraiment le morphotype moyen qu’on trouve dans les courses autour de Paris. Petit moment de doute, dans quoi on s’embarque !!

Heureusement, pas trop le temps de cogiter. De toute façon, on n’a pas le choix, on monte dans les bus et on part vers Mandailles (30KM, 40 minutes). Juste un petit problème, beaucoup bu le matin et encore envie de pipi. L’arrivée à Mandailles a été un vrais soulagement. Je crois que 5 minutes de plus et …

A Mandailles, on (re) découvre le programme

On doit aller « la haut » – col de Chavaroche 12KM/5 heures

On ne se laisse pas décourager. Direction « chez guiguite » pour se faire un petit sandwich saucisson. (validé par notre staff médical au principe que il vaut mieux un petit écart qu’une grosse frustration)

Le sandwich était parfait puis nous patientons tranquillement jusqu’au départ en applaudissant les premier concurrents du 105KM qui ont déjà fait la jonction et qui sont clairement des extra-terrestres

Derniers instants de calme avant le départ

9h30 – Départ !!!

Ca y est on est parti. Pendant 100 mètre c’est la route …

… et puis c’est fini. Terminé les chemins bien plats et faciles pour les touristes que nous sommes.

Parce qu’il y a bien une chose qui est sure, c’est que nous nous attendions pas à courir sur des chemins aussi peu carrossables.

Le début se passe super bien. On est parti dans les derniers et on y restera jusqu’au bout.

Au bout de 500 mètres, ça commence à monter. Le paysage est grandiose, les conditions idéales, Le top

 

Ca continue de monter, c’est la qu’on se rend compte que les personnes avec des batons ont l’air plus facile (en tout cas moins penché en avant). A méditer pour nos prochains exploits.

On sort définitivement des zones habités et on rencontre nos premières vaches qui ne sont pas effarouchées et qui regarde comme si nous étions des trains (entendons nous bien, nous sommes moins rapide que des TGVs, on est plutôt du genre Micheline)

Puis à un moment, dans la forêt, ça se met à franchement monter !!. C’est bien simple les talons ne touchent plus le sol tellement l’inclinaison est forte.

On en chie !!

 

Enfin sortie de la forêt

Premier ravitaillement – 1h25, 7km, 700D+

Arrivée au premier ravitaillement, honnêtement ça a été dur (première vrais expérience de course en montagne), mais les sensations sont quand même très bonnes. Nous ne sommes pas forcement dans un rythme très rapide; Doume commence à avoir mal au talon mais en revanche, c’est vraiment super et je n’ai pas l’impression d’être fatigué.

Au ravitaillement, je laisse les barres vitaminées et autres abricots aux professionnels; pour ma part, c’est cantal, saucisse sèche et banane. Comme me dit un bénévole qui s’occupe de nous réapprovisionner,  » vous êtes pas venus dans le Cantal pour bouffer des abricots secs !! « . Je décide de lui faire entière confiance et jusqu’à la fin de la course, ce sera donc saucisse sèche, cantal banane … et eau évidement.

Un point notable tout de même; 7 km et j’ai quasi épuisé ma réserve de 2L. Le prochain ravitaillement est dans 15 km, ça promet …

Nous repartons (toujours dans les derniers) et continuons notre ascension jusqu’au puy Chavaroche. C’est à partir de ce ravitaillement que nous faisons la jonction avec la tête de course du 105 (en gros les 30/40 premiers). Clairement, les mecs sont d’une autre galaxie. Pas forcement en montée, mais dès que ça devient plat (ou que ça descend), ils partent à toute allure; alors que nous … A suivre

Arrivée au col de Chavaroche

Après 1h50 de course, 9km et 950m de D+, nous arrivons au col de Chavaroche.

Le point de vue est grandiose !! il y a beaucoup de vent, mais du coup, on ne ressent pas la chaleur.

On se dit que maintenant, on va peut être pouvoir courir un peu plus vite. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Début des emmerdes

Et oui, c’est la qu’on s’est rendu compte que courir à Paris, c’est cool mais que pour faire du trail c’est pas optimal !!!

En fait je m’étais plutôt entrainé pour faire des montées, car le 1800 de D+ faisait un peu peur.

Pas de bol, ce n’est pas le 1800D+ le problème mais le 2100D- pour les branquignoles que nous sommes.
Je dis « branquignole » pour ce qui nous concerne car, on a pu voir avec les autres que quand on a un peu d’expérience et de technique, 2100D- c’est plutôt une bonne chose !!!

Mais pour nous ce fut très dur !!! C’est le premier enseignement de cette épreuve, si on veut continuer dans l’exercice et allez jusqu’aux faubourgs de Saint Denis, il va falloir s’y filer dans les descentes et bien maitriser le truc.

4 énormes difficultés

  • la largeur du chemin « carrossable » : moins large que notre écartement de jambes, donc il est parfois difficile de croiser les pieds; du coup on sort du chemin et dès qu’on sort du chemin, on ne voit plus ou on pose les pieds et une fois sur deux, c’est une grosse pierre, un trou, une branche, … enfin truc qui fait que ton pied ne se pose pas à plat et que du coup, l’appui est plus que précaire !!!
  • le fait que même quand il est carrossable le chemin s’apparente plus à un champ de pierre qu’à un chemin de sous-bois. Par ailleurs, il y a parfois des obstacles de plusieurs dizaines de centimètres à gravir ou descendre ce qui ralenti considérablement le cheminement. A moins d’être une chèvre (ou un ovni du 105km), pas moyen de maintenir un rythme dans ces conditions.
  • la pente; la encore c’est parfois très violent et on a l’impression d’être en retenue permanente: d’ou crispation et fatigue musculaire
  • les blessures; ce qui devait arriver, arriva; au bout de 5 ou 6 km de cette épreuve je me suis bien tordu une cheville avec une bonne douleur à chaque pas suivi d’un gonflement assez prononcé. Evidement, la crispation n’a fait que se renforcer.

Heureusement vers le kilomètre 13 (après 2h50 de rigolade); j’ai vu arriver vers moi un groupe de GOs de l’organisation qui m’ont demandé si c’était moi le blessé. Sur le coup, je n’ai pas compris et j’ai cru à une erreur car évidement on a pas essayé d’appeler les secours après l’entorse. Mais je pense qu’ils avaient mon numéro de dossard (certainement un autre concurrent qui a passé l’info).
Toujours est il que j’ai pu me faire strapper la cheville, ce qui a été une très bonne chose car jusqu’à la fin de la course, je me suis retordu au moins 3 ou 4 fois la même cheville mais comme elle était immobilisée, ça a certainement contribué à limiter les dégâts.

Vive le cantal !

Malheureusement, le chemin ne s’améliore pas;

Les kilomètres se suivent et se ressemblent: cailloux, montées, descente, « escalade ».

On vient de passer les 3h30 de courses (le temps est passé très très vite). Je suis dans un état de fraicheur physique optimal (par rapport à la durée de l’effort).

Doume, de son coté, souffre pas mal du talon; j’essaye de le motiver pour avancer un peu plus vite mais sans grand succès. Ce n’est pas très grave parce que du coup je me fatigue pas du tout.

Si il n’y avait pas ce problème des descentes, ce serait vraiment idéal.

Re-descente vers la vallée

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous approchons de la mi-parcours et nous redescendons vers la vallée.

Fini le panorama grandiose et les chemins de cailloux, nous affrontons maintenant le soleil et … les chemins de cailloux !!!

Mais pas avec le même type de vice. Maintenant, on court la moitié du temps dans de l’herbe plus au moins fauchée avec trous et pierres.
J’en profite pour me retordre une deuxième fois la cheville; cela occasionne une douleur assez vive dès que le pied n’est pas à plat (c’est à dire à chaque pas). Elle m’accompagnera jusqu’à l’arrivée à Aurillac

Nous nous approchons des gorges de la Jordanne ou un petit parcours santé est planifié. J’appréhende un peu car je me rappelle 5 ou 6 ans en arrière l’avoir fait; mais il était passablement dégradé (une grand partie des chemins était effondré, avec des arbres cassés et des éboulis de cailloux; rien de très inhabituel quand tu te ballades dans la lit d’une rivière)

C’est aussi à ce moment que mon iPhone a arrêté de prendre des photos et des vidéos. Dommage car j’avais fait 5 ou 6 petits films et une 20ene de photos. Mais c’est comme ça. Pour la prochaine fois, il faudra prévoir une GOPRO !!

Deuxième ravitaillement – 4h25, 22km, 1100D+

Finalement le parcours le long de la Jordanne était parfait. Une suite de passerelles en bois le long de la gorge au niveau de l’eau. Des escaliers et des ponts.

La ballade est plutôt physique mais très agréable. (dommage pour les photos) mais on en a pris plein les yeux.

Enfin, on arrive à Velzic au deuxième ravitaillement. Rebellotte sur le Cantal, saucisse sèche et banane. En revanche, j’étais complètement à sec. Plus de 2 litres d’eau en 13KM (et même pas un petit pipi). C’est une donnée intéressante car jamais je n’avais consommé autant d’eau même en pleine chaleur.

Ravitaillement de Velzic

Nous commençons à cheminer au fond de la vallée. Les chemins sont un peu plus carrossables mais nous courrons essentiellement dans des champs qui malheureusement ne sont pas plats et remplis de trous. Concrètement je reste quand même très crispé pour éviter une nouvelle entorse.

Doume, quant à lui, commence à vraiment avoir mal au talon; ce qui fait que notre rythme s’en ressent. Il me fait le coup de la crampe à la cuisse !!! (on aura tout vu)

Après quelques kilomètres plutôt sympas, on se prend un mur: une montée de 2KM dans la foret, encore plus violente que celle du début avec des passages à plus de 35%.

C’est le premier moment (le seul?) vraiment dur le course. Pendant ces longues minutes à en chier (sous un soleil de plomb >30 degrés) j’accuse un peu le coup. (pas aussi dur que la baisse de forme de la fin de l’Ecotrail, mais honnêtement celle la, elle a fait mal !!)

On arrive enfin en haut de la montée pour redescendre immédiatement et maintenant, c’est une habitude : cailloux, pentes, branches, .. le pied …
Pour rester concerné, je me retords la cheville une troisième fois.

Je motive Doume en lui disant que c’était la dernière grosse montée.

… si il savait !!

Arrivée vers Saint Simon

Les kilomètres se suivent. Encore quelques collines à gravir avec à chaque fois la même rengaine. « T’inquiètes pas c’était la dernière !! »

On se retrouve dans les petites montées qu’on faisaient en début de saison à Saint Simon. J’avais gardé un souvenir plus difficile. (bon c’est vrais qu’à l’époque je pesé 130KG)

Le temps continue toujours à s’écouler. Les kilomètres passent : 30,31,32,33 … ça y est j’ai battu mon record de distance.

Honnêtement physiquement tout va bien. Si je n’avais pas mal à la cheville, ce serait idéal. Parfois on fait un bout de chemin avec un des surhommes du 105km qui ont l’air plutôt frais et qui racontent que c’était génial, qu’ils ont eut 4 degrés la nuit dernière, qu’ils en chient mais pas plus que nous, …

Dernier ravitaillement – 7h12, 35 km 1690D+

Arrivée à Saint Simon pour le dernier ravitaillement.

A nouveau Cantal, Saucisse sèche et banane. A nouveau plus d’eau.

On aura quand même mis 3h pour faire 13km; c’est pas terrible. Doume en chie de plus en plus et c’est de plus en plus dur pour le motiver à augmenter un peu la vitesse. Il m’a refait le coup de la crampe !! (qu’est ce que ça cache ?)

A Saint Simon, j’ai croisé des têtes connues (qui elles ne m’ont pas reconnu !!). J’ai aussi croisé une figure de la vallée (je crois me souvenir qu’il s’appelle Manu) avec qui j’avais joué à Saint Simon et qui était sur le 105km. Lui non plus ne m’a pas reconnu.

On re-rempli les gourdes, on se passe la tête sous l’eau car il fait maintenant très chaud, et c’est reparti …

Dès la sortie du village, une nouvelle petite montée. Doume en a vraiment marre; dans 4 km, je vais le laisser.

On se rapproche d’Aurillac, et de mon coté tout va très bien. Dans la montée, je trottine puis j’attends Doume en haut en buvant. Puis on repart en courant. Les descentes sont moins techniques mais je reste très crispé car j’ai très peur de me tordre la cheville pour de bon et de devoir m’arrêter là.

Puis vers le 39eme KM, au sommet d’une nieme dernière petite montée, j’abandonne Doume et je me mets à courir. Le rythme est bon, avec l’euphorie de la prise de conscience qu’on va y arriver.

Le passage du 40eme KM se fait à 11km/h et enfin on voit les premières maisons d’Aurillac.

Plus qu’une dernière montée et c’est l’arrivée dans la ville. Je traverse le centre ville avec les encouragements des gens dans les bistrots, rues piétonnes, square, rue des carmes …. et c’est l’arrivée !!!

 

Victoire !!!!
8h32, 431eme / 470 inscrits et 441 finishers

Doume arrive en 432eme place 10 minutes plus tard.

 

….A suivre, le debrief, la conclusion et les étapes suivantes

 

 

J-7 ; la pression monte …

J-7 ; la pression monte …

Dans une semaine, normalement
on devrait en chier !!!

Plus que 7 jours avant la premier gros test du projet : le marathon de la Jordanne

Voilà donc quelques infos sur les festivités à venir

 

Le parcours de santé

 

En résumé je reprends le pitch du site de l’UTPMA

43km – 1800m de D+ (2 points ITRA/UTMB selon le nouveau barème)

Initiez-vous au marathon nature, départ du village de Mandailles (900m d’altitude) et cette année encore il faudra s’attaquer
à la montée vers le col du redondet pour prétendre atteindre le point culminant situé au Puy Chavaroche (1739m).
La suite se fera sur les crêtes pour vous offrir les plus beaux points de vue sur les sommets cantaliens.
A noter que les tracés de l’Ultra et du Marathon se sépareront au piquet pour se retrouver après Cabrespine.
Le final sera le même avec un passage par les gorges de la Jordanne et le Lac des Graves.
A partir de Saint-Simon le parcours prendra celui du 16k.

C’est le concept « d’initiation » qui je pense va faire toute la différence !!

Après analyse un peu plus poussée,

On se mange en gros 1200 D+ sur les 9 premiers kilomètres

Remarque il faut voir le coté positif :

C’est sur qu’on va pas trop courir sur les 12 premiers kilomètres !!
on aura le temps de prendre des photos !! D’ailleurs, normalement le soleil devrait être au rendez-vous

Météo clémente sur la zone

Au niveau météo, ça devrait être top;

  • Grand soleil : il va falloir prévoir la crème
  • Pas trop chaud
  • A part peut être un peu de vent mais justement ce sera l’occasion d’essayer les parachutes en descente.

Décidément, c’est vraiment des mauvaises langues les gens qui disent que dans le Cantal, il ne fait jamais beau !!! (pas vrais Nono et Sophie ?)

En même temps, c’est dans 3 jours; ça peut encore changer et se mettre à neiger ….

En avant première quelques photos de ce qui nous attend

Départ de Mandailles, direction le Puy Chavaroche

A partir du Puy Chavaroche, on longe les crêtes (en courrant s’il vous plait !!)

Après la ballade d’oxygénation, on redescend à Lascelles et Velzic

Enfin un peu d’ombre dans les gorges de la Jordanne

Ne pas oublier un petit coucou chez mes anciens copains AllBlack de Saint Simon

Et enfin arrivée à Aurillac

Un dernier effort, sur la ligne d’arrivée, une pensée pour mon collège Jules Ferry que nous allons longer quelques mètres.

Et la, normalement ça fera 6h/6h30 qu’on galère et on aura bien droit à ça

Un petit casa-fraise et une truffade !!!

 Mais bon, on y est pas encore …

En attendant,

  • Doume est affuté comme jamais (il va encore me mettre 2 heures)
  • Le départ est prévu de Paris pour vendredi matin aux aurores;
  • Arrivée sur Aurillac vers 12h/12h30 ou notre équipe locale nous prend en charge autour d’un casse-croute campagnard
  • Récup des dossards dans l’après midi
  • Puis on fait un peu d’huile jusqu’au lendemain matin à 7h !!!!!

 

 

… A suivre

1 an déjà !! …… l’année des premières fois

1 an déjà !! …… l’année des premières fois

On en fait des choses en 1 an.

Il y a un an je commençais à courir ! Il faut dire que je viens de loin mais ce sera le sujet d’un autre article.

Donc j’ai chaussé les baskets le 16 avril 2016. Ce fut une sortie très encourageante de 3,5 km !! avec un finish (disons les 2 derniers kilomètres) à la tente à oxygène. Il a fallu une semaine pour récupérer (impossible de descendre les escaliers le lendemain). J’ai fait chiez toute la famille (mais ça de toute façon, c’est une constante).

Puis les sorties se sont enchainées, un peu moins de 1 fois par semaine au début, jusqu’au passage de la barre des 10 km sans s’arrêter. Je me rappelle, non tour était un peu court, du coup pour arriver à 10 km, j’ai du descendre et remonter la rue 5 ou 6 fois. Les voisins ont du me prendre pour un débile (mais là encore, c’est une constante).

Puis, petit à petit, on passe à 1 et 2 sorties par semaines. Les courbatures se sont envolées, le plaisir est apparut.

Puis on s’inscrit à la première course parce qu’on a vu un panneau en allant faire les courses, (Noctambule : 10km de nuit en septembre qui malheureusement n’a pas eut lieu pour cause d’attentat).

Premier rendez-vous chez le médecin pour le certificat médical. Habituellement, je le consultais 1 fois par an pour le certificat du rugby et vu mon grand age, il faut passer par la case test d’effort, électrocardiogramme , analyses, conseil de prudence multiples, … Pour le coup, il n’a pas été surpris plus que ça. Peut être un peu amusé, il a du se dire : »lui de toute façon, il est débile donc un truc de plus, un truc de moins, … »

Puis, le premier défis absurde : en juin, Doume (celui de l’Ecotrail) me dit : « tes petites courses à la con, c’est bon pour ma grand-mère, je t’ai inscrit au 20Km de Paris !! »
Bonne blague !!.
Mais moi je n’ai jamais couru plus de 12 Km !! et encore avec un équipement de ré-animation à l’arrivée !!
Au début, je dois bien admettre que je ne le sentais pas ce truc. Mais bon, il a bien fallu s’y résigner alors j’ai commencé à allonger les sorties puis à faire un peu de fractionné.

Puis vint le jour de la première fois 20Km. En général, les experts disent qu’il ne faut pas courir la distance de la course.
Mais comme je suis un peu débile (la constante), je me suis dit que je n’allais pas me risquer sur un 20Km sans l’avoir fait avant ! (pas sur que j’applique la même règle pour la diagonale).

Donc un matin, à jeun, sans eau, alors que j’étais parti pour 5 ou 10 Km, je me suis lancé dans l’aventure :
Départ maison (je pars de Asnieres sur Seine) à 10h, Neuilly , passage du périph ouest, montée vers l’étoile, descente des champs élysées, quais jusqu’à la tour Eiffel, puis le 16eme, puis le bois de Boulogne (je m’y suis perdu car de jour c’est très différent … 😀 ), puis la Defense, puis retour à la maison
VICTOIRE : les premiers 20 Km sont passés !!!
Il y aura quelques sequels : pieds en sang (depuis j’ai découvert le NOK), muscles fatigués, irritations un peu partout, ce jour la j’ai perdu ma carte bleu !!!, mais le déclic venait de s’enclencher.

Puis l’été studieux pour bien préparer les 20Km en octobre.

Puis la première vrais course : un 10Km en soutient au personnes atteintes de Mucoviscidose.

Puis les 20Km de Paris.

Puis la suite qui m’a emmené à ouvrir ce blogue.

Au final

  • 1 an
  • 125 sorties
  • 1070 km
  • 2 paires de baskets
  • 1 super montre connectée (cadeau des enfants pour Noel)
  • tout le matos nécessaire (pas possible de trouver une excuse dans la logistique)
  • un nouveau projet (un peu fou)
  • une nouvelle passion

… maintenant il ne reste plus qu’à construire l’année 2 !!

Etape 1 – Ecotrail 2017 – 30KM

Etape 1 – Ecotrail 2017 – 30KM

Ca c’est fait !!

3h47, 31,1 km, 586m D+

 

Mais que ce fut dur !!

Pour être tout à fait honnête, je n’imaginais pas que la fin soit si difficile !

 

Mais reprenons  du début …

Plutôt en forme, depuis 2/3 semaines j’ai l’impression d’être au point.

Pas d’excès dans la semaine, très (trop ?) peu de stress; ça s’annonce comme une formalité.

La nuit de vendredi à samedi fut un peu agitée (c’est quand même mon premier trail); plus de l’excitation que de l’inquiétude et beaucoup d’images qui se mélangent dans la nuit.

Jour J

  • Levé : 7h,
  • Petit dej : normal (comme dans les livres),
  • Habillage, matériel, logistique : RAS,
  • 97 kg sur la balance connectée (qui depuis refuse de se re-allumer !) : pas très loin de l’objectif

… tout est au top

Belle tête de vainqueur quand même !

Avant course

La météo n’est pas terrible mais il ne pleut pas. De toute façon j’ai tout prévu dans le sac. Rendez vous à Meudon pour retrouver « Doume » puis on part à pied jusqu’à l’air de départ ou nous retrouvons « la Ravière », le 3eme larron de l’histoire.

On échange les formalités d’usage, et on part « dépuceler » nos éco-tasses avec un bon café soluble. On est tous assez confiants car les 30km ont déjà été faits pour nous trois.

On va tout casser

L’avant course se passe bien, sauf qu’il se met à pleuvoir un peu. Nous décidons donc de garder les vestes étanches et de laisser nos sacs à la consigne.

« Ravière » de son coté, garde son sac qui paraît bien chargé. Nous suspectons qu’il embarque un petit barbecue et quelques saucisses pour préparer un petit casse croute à mi-parcours.

Départ

Départ à l’heure dans la deuxième vague.

Le début se passe super bien, ça monte un peu mais le parcours est plutôt sympa prêt du chateau de Meudon qui habituellement est fermé au public.

Le rythme est bon même un peu fort car sur les 5 premiers km, on est sur du 10km/h ou plus.

En début de course, la Ravière est très à l’aise, Doume n’a pas l’air dans son meilleur jour; pour ma part RAS, tout se passe comme prévu

… cool

Les 15 premiers kilomètres

Les première montées arrivent. Et tout les concurrents se lancent la fleur au fusils en trottinant facile même quand ça monte dur.

Pour faire « ton sur ton », nous nous laissons porter par l’allégresse et hop, on trottine et hop on court et hop on sautille dans les descentes. Bien sur le cardio monte un peu; mais comme je ne ressens pas de fatigue évidente, on va pas jouer les rabat-joies.

En plus le parcours est top, avec la forêt, des lacs, des chemins très agréables.

« Doume » a l’air d’en chier un peu plus du coup, on le distance. (c’est une course non ?)

Il y a pourtant quelques signes avant-coureurs de ce qui m’attend, je commence à moins me presser dans les montées. Il faut dire que à partir du 10eme KM, elles commencent à être bien raides (pas très longues, mais raides !!). Et d’ailleurs je ne suis pas le seul à les trouver raides car curieusement les autres aussi se sont sagement mis à marcher en montée.

15 à 21 km

Cette période est ma meilleure période.

Je suis vraiment très bien, bon rythme, pas de fatigue, le coeur presque à l’arrêt. Ma femme m’appelle pour me dire que finalement il n’y a pas eut danse pour ma fille et que tout le monde nous attend en bas du parc de Saint Cloud.

La remontée vers le parc de Saint Cloud est un peu rude et en plus on évolue au milieu des passants qui font leurs courses dans la ville. Ca a un coté sympathique avec des gens qui courent un peu partout sur les trottoirs et la route, des voitures, des poussettes, des caddies. Mais après tout, on est en région parisienne, il est normal de croiser des « gens » qui achètent du pain !! Heureusement les bénévoles en gilet jaune veillent au grain à chaque carrefour et pas de problèmes.

Vers le kilomètre 19, je commence à avoir un petit coup de fatigue; mais pas panique ça m’est déjà arrivé dans le passé.

Entre-temps, « Doume » m’a rejoint, il a de son coté un coup de mieux. Il me dit « Ravière est un peu à la ramasse, on a qu’à l’attendre », je lui dis « OK », puis il me dit « je m’arrête pisser », il urine dans son éco-tasse puis me rejoint à nouveau puis accélère un peu (ou c’est moi qui ralenti ?) et puis … je ne l’ai plus jamais revu.

La descente sur les pavés du parc de Saint Cloud se passe bien, pas de glissades, mais quelques chevilles qui se tordent. Je me dis de faire gaffe mais je n’y porte pas plus d’attention.

Je double d’ailleurs un grand gaillard qui a l’air d’en chier. Je l’encourage et il me montre navré sa cheville gauche qui gonflée comme un ballon de foot. On est au kilomètre 18 et il m’explique qu’il s’est tordu la cheville pendant le premier quart d’heure ! Je lui sourie avec un air un peu con et je m’abstiens de lui balancer un poncif du genre « courage, tu vas y arriver, plus que 10 bornes, … », car si j’étais lui et qu’on me disait ça je me « peterai la gueulle »  moi même. Je repars en me disant comme Coluche qu’on est pas les plus malheureux.

Juste avant le ravito, une petite montée bien raide qui commence à peser dans les cuisses.

Puis le ravitaillement, passé plutôt rapidement (un bout de cake, un peu d’eau, une banane et hop on repart) car j’avais embarqué mon 1,5 litre d’eau et les gels/barres pris consciencieusement tous les 10 km (comme dans les livres)

Dernière descente avant de faire la jointure avec les enfants qui courent avec moi. Ils me disent que Doume est passé 3 minutes avant. Petit stop pour la photo avec les filles (la femme et les enfants de Doume ont aussi fait le déplacement). Puis on repart avec les enfants qui font la route jusqu’à la sortie du parc de Saint Cloud.

Un peu de fatigue mais sincèrement, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Montée au calvaire

Les kilomètres 22,23,24 passent sans trop de difficultés même si la dernière montée vers Meudon ne s’imposait pas vraiment. Enfin, du point de vue de l’esthétique, messieurs les organisateurs on aurait très bien pu rester tranquillement le long de la Seine plutôt que de prendre le risque de traverser la route et se faire chier à grimper jusqu’au bas de Meudon pour redescendre immédiatement après !! (vous l’aurez compris je rigole, on a payé pour en chier alors y a pas de raison de s’en priver !!)

Celle la, il ne fallait vraiment pas 😉

C’est après que ça a commencé à se gâter, dans la descente de la précédente montée pour être précis.

Ca s’est matérialisé par une alerte ampoule sans précédent. En quelques dizaines de secondes j’ai eut l’impression d’avoir une énorme ampoule sur le pied gauche. (le soir, il s’est avéré que mes pieds étaient « niquels », même pas une petite trace !!). C’est la première fois que je ressens un truc pareil et je pense que inconsciemment je me suis mis à courir quasi exclusivement sur le pied droit. (du coup aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir le pied droit cassé !!)

L’ampoule m’accompagne pendant au moins 2 km : à chaque pas j’ai l’impression qu’elle va exploser, ça fait comme de l’électricité, et c’est de plus en plus dur de conserver un semblant de rythme. En gros je marche 1 tier du temps et je trottine (1 grand mot vu la taille des foulées) les 2 tiers restants avec le cerveau qui est complètement à l’arrêt. Sur le moment je me rend compte de rien (et pour cause le cerveau est à l’arrêt !!) mais une anecdote peut donner un peu d’éclairage sur l’état dans lequel j’étais :

« Les enfants m’avaient préparés des petits papiers à ouvrir tous les 5 km avec des mots d’encouragement très mignons et qui font chaud au coeur. Au kilomètre 25, c’est ma femme qui s’était fendue d’une blague un peu graveleuse mais quand même très accessible. Je l’ai lu … et je l’ai relu … et je ne l’ai pas comprise !!  (en fait je n’ai même pas compris que c’était une blague. Je l’ai comprise après l’arrivée après avoir repris tous les petits papiers) »

Tous ça pour dire que du kilomètre 24 jusque quasiment la fin, j’ai vécu un véritable calvaire. Un mental de grillon !!! (et c’est pas gentil pour les grillons).

Et là, le vainqueur, il est ou ?

C’est clairement le point à creuser de cette expérience, comment expliquer une telle descente sur une distance quand même très raisonnable (j’ai déjà couru plus de 30 km dans l’hivers sans comparaison) sur un parcours déjà fait (en plusieurs sorties) et avec surtout un sentiment de facilité et de maitrise sur les 24 premiers km.

Arrivée

Après avoir cheminé (erré ?) encore quelques kilomètres, la tour Eiffel montre enfin son nez, les derniers hectomètres sont avalés à peut prêt normalement

Puis le passage de la ligne, puis la récupération du beau maillot vert, puis on récupère son sac (et ses esprits).

Doume est arrivé depuis 15 minutes, on se retrouve et il me dis qu’il en a chié comme jamais. Pas de traces de Ravière; il arrivera 15 minutes après moi, lui aussi en mode déambulateur.

Bilan : 3h47 minutes

Sur le coup, ça laisse un sentiment mitigé car je pensais plutôt autour de 3h30.

Mais surtout ça laisse perplexe pour la suite.

Jour J+1

Clairement, ce premier Trail restera un super moment. De ce point de vue, le contrat est rempli; je valide l’étape 1.
En revanche, bien des certitudes se sont envolées le long des quais de Seine.

  • Tout d »abord, Saint Denis est encore TRES TRES loin.
    A un moment, je m’étais dit dans l’hiver que, peut être que finalement, sur un malentendu, la Réunion en octobre 2018, la météo serait peut être clémente …

    Même pas en rêves !!!!!
     

    Vu la marche qu’il reste à franchir ce sera donc au plus tôt en octobre 2019 comme prévu au début. Et sincèrement c’est quand même loin d’être fait.

  • La Jordanne en juin
    On parle de 45 km et 1800 m de D+La d’un coup, ça fait peur !!

    Il ne reste que 3 mois pour préparer l’aventure. La remise en cause est de mise, car en l’état, je ne vois pas comment je termine ce truc.
    Surtout que je connais bien la topologie des lieux, c’est très beau quand il fait soleil mais dans le Cantal en juin, il ne fait jamais soleil
    Donc maintenant, plus de projections ou de supputations, on se concentre uniquement sur l’étape 2 avec comme seul objectif d’en sortir.

 

D’autres sujets devront être adressés (pratique du rugby en parallèle, entrer dans un club athlé, contenu des entrainements, poids, …) mais à chaque jour suffit sa peine

 

Dans tous les cas, il y aura un Ecotrail 2018 (j’espère le 80 KM) …

… rendez vous en mars 2018 sur les bords de Seine.

1% de physique, 99% de mental !

1% de physique, 99% de mental !

« 1% de physique, 99% de mental ! »

Cette citation tout droit sortie de l’excellent récit de Chistian Baigue, La Diagonale des Fous 2012, est assez symptomatique de l’idée qu’on peut se faire de ce genre de truc complètement inaccessible.

Car soyons sérieux, 1% de physique c’est même peut être large !!! En quelques chiffres :


166 km de course

Au 21ème siècle, plus personne ne s’inflige 166 km de course à pied !!,

  • C’était courant pour l’armée de Carthage au temps des éléphants d’Hannibal,
  • C’était acceptable pour la garde impériale au temps des campagnes Napoléoniennes,
  • C’était à peine tolérable pour les poilus de la Marne

Mais c’est complètement inimaginable en l’an 2016.

166 km c’est

  • 4 marathons,
    mais aussi, la distance pour aller
  • De Aurillac à Clermont Ferrand,
  • De Paris au château de Chambord,

Autant dire une rigolade.


10000 m de D+

Par ce que comme la distance est une rigolade, il faut se donner un peu d’adversité.

Déjà 10000m de « dénivelé plat » pour le commun des mortels, c’est 1 heure en courant, alors en mode montée de marche ça doit bien un peu piquer !!

Rappelons nous, 10000m c’est

  • 30 tours Eiffel (jusqu’au troisième étage),
  • un peu plus d’un Everest,
  • l’altitude moyenne pour rentrer dans la stratosphère,
  • l’altitude de croisière des avions long courrier,

Alors pensez bien qu’avec un physique de pécheur de coin ça ne devrait pas poser de problème (et comme le chrono est large !!).

En plus, comme le départ et l’arrivée sont au bord de la mer, les 10000m, il va falloir les monter mais aussi les descendre !!

La, on peut concéder que la rigolade de la distance fait place à un léger réveil musculaire.


66 heures (au plus)

Bien sur, je ne parle pas des machines qui bouclent le truc en 25heures avec une légère sudation et qui sont dispo pour squash 1 heure après.

Non je parle des cons qui partent pour 50 ou 60 heures de course/marche et qui parce qu’ils ont un bon fond pour leur corps, s’octroient avec largesse 30 minutes de dodo toutes les 10 heures.

Rappelons nous que certaines organisations barbares plaçaient (placent ?) la privation de sommeil au rang des supplices les plus inhumains.

Mais bon, un Guronsan, 2 ou 3 cafés, et ça devrait passer; on est pas des fainéants quand même.


Tmax> à 26°C le jour , Tmin< à 10°C la nuit, un bon soleil tropical, 100% d’humidité, 11000mm de pluviométrie sur une année

 

Oui parce que, comme si ça ne suffisait pas, il va falloir subir le climat, pluie, boue, humidité, soleil, température, insectes, … un vrais parcours de santé. (j’ai même vu une brochure dans un sanatorium d’Evian avec à peut prêt le même programme)

Tout ça, ce n’est que du mental (les fameux 99%), un bon KWAY, ma Saint-Yorre (j’adore), et ça va le faire !!!

 

Tu voies bien que clairement, le physique ne compte pas.

Et comme le mental, c’est mon truc ….

 

Surtout que à l’arrivée, c’est ça

Dodo